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À San Francisco, une start-up a payé des humains pour promener ses chiens-robots


Le Lundi 2 Novembre modifié le Jeudi 2 Novembre


              


Promener un chien sans jamais ramasser ses crottes : l'offre avait de quoi séduire. Au début du mois d'octobre, la start-up Dimensional a publié sur le groupe Facebook « Bay Area Jobs » une annonce pour le moins inhabituelle : elle cherchait des personnes prêtes à promener… des chiens-robots dans les rues de San Francisco. Rémunération proposée : 20 dollars de l'heure, formation payée, aucune expérience en robotique exigée. Comme le relève avec amusement le New York Times, qui a révélé l'affaire, l'entreprise est installée, comme il se doit, dans le quartier de Dogpatch – littéralement « le coin des chiens ». L'annonce a depuis été retirée.

Des balades de quatre à six heures

Le tarif est comparable à celui des promeneurs de chiens en chair et en os. Mais la mission diffère sensiblement. Il faut compter entre quatre et six heures de marche par séance, sur des parcours d'essai définis en extérieur. Les robots, des quadrupèdes fabriqués par le chinois Unitree et vendus environ 2 000 dollars pièce, ne tirent pas sur une laisse : le promeneur les guide à l'aide d'une télécommande ou d'une application sur smartphone.

Et ces compagnons mécaniques peuvent se montrer aussi capricieux que leurs modèles vivants. Il leur arrive de tomber en panne en pleine promenade, le plus souvent à cause d'une surchauffe. Le promeneur doit alors ramener la machine jusqu'aux locaux de la start-up, à bras : l'annonce exigeait d'ailleurs de pouvoir porter en toute sécurité un équipement d'une quinzaine de kilos.

Collecter « la vérité du terrain »

Ces promenades n'ont rien d'un gadget. Pendant que l'humain dirige le robot, les caméras et les capteurs de la machine enregistrent tout le trajet : trottoirs, bordures, passants, obstacles. Ces données servent à entraîner dimOS, le système d'exploitation open source que développe Dimensional pour permettre à des agents d'intelligence artificielle de piloter différents types de robots. Car une IA qui brille dans un laboratoire peut se révéler bien moins habile face à la complexité d'une rue réelle.

Le fondateur de l'entreprise, Stash Pomichter, défend une ambition simple : que chacun puisse un jour commander à un robot de porter des cartons trop lourds ou de rapporter les courses. Il juge même « barbare » que les humains accomplissent encore ce genre de tâches physiques. Dimensional envisage à terme des usages dans les usines, les centres de données, les chantiers ou la sécurité. Mais avant d'en arriver là, ses machines doivent apprendre à se déplacer seules en milieu urbain.

Une curiosité qui ne fait pas rire tout le monde

Le spectacle de ces promeneurs d'un nouveau genre a amusé une partie des habitants. D'autres ont été beaucoup moins réceptifs : selon le New York Times, au moins une personne a accusé ces robots de pouvoir servir d'armes, et la start-up a signalé certains messages à la police. Au-delà de l'anecdote, l'expérience soulève des questions bien réelles sur la présence de caméras mobiles dans l'espace public et sur l'usage des images ainsi recueillies.

Ironie de l'histoire : pour que les robots puissent un jour soulager les humains, il faut d'abord que des humains promènent les robots. Une illustration concrète de ce que l'économie de l'IA doit encore, en coulisses, au travail humain le plus ordinaire.


Vidéo : présentation officielle du Go2, le chien-robot du fabricant chinois Unitree, modèle de la gamme utilisée pour ce type d'essais. Il s'agit d'une vidéo promotionnelle du constructeur, non d'images des promenades de San Francisco.



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Source : https://intelligences.articlophile.net/publication...