Neuf jours après la collision d'Urda, l'enquête change de terrain. Le Parquet européen a annoncé, vendredi 6 novembre, avoir ouvert une procédure pour une possible fraude dans l'utilisation de fonds de l'Union européenne destinés à la rénovation de la ligne à grande vitesse Madrid-Séville, rapporte RFI. C'est sur cette ligne que, le 28 octobre, un train AVE de la Renfe a percuté par l'arrière un train Iryo à l'arrêt près d'Urda, dans la province de Tolède. Le bilan s'établit à 69 morts et plus d'une centaine de blessés.
Selon le communiqué de l'institution, les soupçons portent sur des crédits européens consacrés à la rénovation et à l'amélioration de la sécurité, de la signalisation et des systèmes de communication de la ligne. Le Parquet européen est compétent dès lors que des travaux sont financés par le budget de l'UE, sa mission étant de protéger les intérêts financiers de l'Union.
La Garde civile collecte des documents
L'enquête, ouverte d'office par le Parquet européen, s'appuie sur l'Unité centrale opérationnelle (UCO) de la Garde civile. D'après Euronews, qui cite la presse espagnole, ses agents ont entrepris de recueillir des documents auprès du gestionnaire du réseau ferroviaire Adif, de la Cour des comptes et de l'Agence nationale de sécurité ferroviaire. La Cour des comptes a confirmé que des membres de l'UCO se trouvaient vendredi matin dans ses locaux, dans le cadre d'une demande d'information formulée par le Parquet européen à Madrid.
Ce n'est pas la première fois que l'institution se penche sur cette ligne. En mars, elle avait déjà ouvert une enquête après l'accident d'Adamuz, en Andalousie, où 46 personnes avaient perdu la vie en janvier. Les deux procédures sont toujours en cours, et aucune conclusion n'a été rendue à ce stade.
Démissions en série et campagne sous tension
Sur le plan politique, la série noire du rail espagnol, qui a coûté la vie à plus d'une centaine de personnes depuis le début de l'année, a déjà provoqué plusieurs départs. Le ministre des Transports, Óscar Puente, qui avait qualifié d'« inexplicable » la décision du centre de contrôle à l'origine de la collision d'Urda, a démissionné mardi 3 novembre. Le lendemain, le président de l'Adif, Luis Pedro Marco de la Peña, a remis sa démission à Carlos Cuerpo, chargé par intérim du ministère.
Le drame pèse aussi sur la campagne des législatives anticipées du 29 novembre. Le chef du gouvernement socialiste, Pedro Sánchez, a redit sa volonté de rétablir le fonctionnement normal du réseau à grande vitesse, après avoir reconnu que ce second accident avait ébranlé la confiance des usagers. L'opposition, elle, durcit le ton : au Parti populaire, Carmen Fúnez a directement imputé ces morts à la corruption et à la mauvaise gestion du gouvernement, une accusation que l'enquête en cours n'a pas, à ce jour, étayée.
Parallèlement, le ministère des Transports a ouvert vendredi la période de dépôt des demandes d'aide pour les victimes de l'accident d'Urda et leurs proches. Les dossiers peuvent être déposés jusqu'au 5 février 2027, en personne ou en ligne, pour obtenir des subventions directes et des avances sur les futures indemnisations.
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Source : https://lemag.articlophile.net/articles/i/98629477...
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