Demander conseil à un chatbot avant de placer son épargne ou de restructurer son entreprise : la pratique se banalise aux États-Unis. Une enquête récente de JD Power, citée par Entrepreneur, montre que 40 % des 4 000 personnes interrogées ont utilisé l'intelligence artificielle pour gérer leur argent au cours des trois derniers mois. Plus d'un tiers d'entre elles estiment que ces conseils les ont aidées à prendre de meilleures décisions financières, un score comparable à celui accordé aux conseils de leur banque.
Le problème, expliquent plusieurs experts interrogés par NPR, tient au fait que l'IA se débrouille bien sur les questions de base, ou avec des utilisateurs expérimentés capables de fournir des informations précises. Entre les deux, dans la zone grise où se logent la plupart des situations réelles, les réponses peuvent dériver. Danielle Harrison, fondatrice d'un cabinet de planification financière dans le Missouri, raconte avoir demandé à une IA comment structurer son entreprise après l'arrivée de son mari comme associé. Le modèle a d'abord tranché avec assurance pour un statut de S corporation, avant de se rétracter et de recommander l'inverse une fois davantage de détails fournis. « Sans mes connaissances préalables, j'aurais reçu une information erronée », confie-t-elle.
C'est là le risque central : l'outil peut halluciner avec assurance, inventer des sources ou des chiffres, ou encore formuler des hypothèses erronées faute de connaître la situation réelle de la personne. Sharon Bloodworth, dirigeante d'un cabinet de conseil en gestion de patrimoine entre le Minnesota et la Floride, reconnaît que l'IA s'est trompée plus souvent qu'elle n'a eu raison dans son expérience. Elle veut néanmoins croire à son amélioration progressive, y voyant un moyen d'élargir l'accès aux conseils financiers pour ceux qui n'ont pas les moyens de consulter un professionnel.
Pour beaucoup d'utilisateurs, l'IA s'est déjà installée dans leur routine financière. David Kendrick, cadre informatique de 53 ans dans l'Ohio, l'a même surnommée « Chatty » et la consulte pour ses arbitrages budgétaires courants. Il continue toutefois de rencontrer un conseiller humain une fois par an — un équilibre que les spécialistes recommandent tant que la fiabilité de l'IA sur les cas complexes reste incertaine.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97716958/chatgp...





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