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Jeffrey Epstein au Maroc: documents et e-mails d’un exil avorté à Marrakech


Le Lundi 2 Février modifié le Mardi 30 Novembre



Récit Les documents du Department of Justice américain et du FBI éclairent la stratégie de repli de Jeffrey Epstein vers le Maroc. En septembre 2017, il écrit à son amie installée à Marrakech, Linda Pinto : « Mes îles sont détruites. J’ai besoin d’une alternative. » Les échanges consultés par Le Desk montrent que Marrakech devient « une option privilégiée » à mesure que l’étau judiciaire se resserre.



Dès 2011, il cherche à recréer une esthétique marocaine chez lui et échange avec l’architecte Adil Naji autour d’un budget « de 1,5 à 4,5 M€ ». La même année, il en parle à Karim Wade, évoquant même « une maison séparée pour les femmes » et des plans de la résidence de Bandar ben Sultan à Marrakech.

Fin 2018-début 2019, l’objectif est d’acheter Bin Ennakhil, palais de la Palmeraie. L’agent Alex Peto évoque « 55 M€ » affichés et un accord possible à « 35 M€ ». Sa collaboratrice Karyna Shuliak pilote les visites avec Mark Lloyd et fixe un cadre « 20–25 M€ ». La propriété, détenue via une société au Liechtenstein, est proposée par cession de parts « pour éviter la taxation ». Shuliak exige « due diligence complète ». On réclame une « lettre bancaire d’origine des fonds ». Epstein tranche le 9 avril 2019 : « scandaleuse », « mascarade », « écoeuré ». Le montage proposé par Marc Léon « pour réduire le montant des taxes » n’y fera rien : la transaction échoue.

En parallèle, une autre piste confiée à l’antiquaire Marella Rossi Mosseri, présentée par Linda Pinto, s’enlise : prix visé « 20 M€ », titres « incomplets », puis « procédure judiciaire locale ». Epstein lâche un « OK wow » et abandonne.

Reste la chronologie. Au moment de son arrestation en juillet 2019, Epstein revenait de Paris, « et auparavant de Rabat », notait Michael Wolff. Une lettre de la DGSN confirme toutefois un transit par Marrakech-Ménara le 25 avril 2019 : l’un de ses derniers voyages l’a mené dans la ville où il cherchait encore un refuge.

Le 27 juin 2019, il sollicite Philippe Castro, alors auprès de Jack Lang, pour « un notaire au Maroc », citant Mohammed Mounir El Majidi. Castro oriente vers Atrium Audit & Conseil à Marrakech et suggère le notaire Fatih El Azzouzy, en rappelant qu’Atrium accompagne « de grandes personnalités », « à l’instar de Macky Sall ». Deux semaines plus tard, Epstein est arrêté. Le Maroc restera une porte qui ne s’est jamais ouverte.

Source




Source : https://lemarrakech.articlophile.com/lebulletin/i/...