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Maroc: un modèle religieux institutionnalisé qui façonne l’influence régionale, selon un think tank britannique


Le Dimanche 11 Janvier modifié le Mardi 30 Novembre



Un rapport de l’« Institut du dialogue stratégique de Londres » affirme que les attentats de Casablanca en 2003 ont marqué « un tournant majeur » dans la réforme du champ religieux, ouvrant la voie à « la promotion d’un islam modéré et institutionnalisé ». Le document souligne que les efforts des autorités « se sont étendus au-delà des frontières nationales », citant « l’Afrique subsaharienne et l’Europe » et des institutions telles que « l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams » et la « Rabita Mohammadia des oulémas » comme vecteurs de cette projection.



Le rapport explique que les attentats de 2003 ont révélé des « failles dans l’infrastructure religieuse » et précipité la structuration d’un modèle où « la religiosité marocaine se distingue des interprétations plus rigoristes ou politisées de l’islam, comme le salafisme, par une symbiose unique entre la religion et l’État ». Cette articulation, ajoute-t-il, est « incarnée par le rôle dual du roi en tant que chef de l’État et Commandeur des croyants », ce qui permet à l’État « d’exercer une influence religieuse tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ».

Selon le même document, ce modèle repose sur « le rite malékite, la doctrine acharite et le soufisme », un trépied qui se « distingue par sa compatibilité avec la diversité culturelle et son rejet des interprétations rigoristes ». L’approche est décrite comme un ensemble cohérent: le malékisme « axé sur le consensus collectif et les usages locaux », l’acharisme « reconnu pour son approche rationnelle qui contrebalance les lectures littéralistes », et le soufisme qui, « par son accent mis sur la purification spirituelle et la transformation intérieure », offre une « dimension mystique » en résonance avec la religiosité populaire.

Le texte insiste sur la portée extérieure de cette orientation en notant que « le Maroc représente un cas singulier, où la religion, l’autorité de l’État et la politique étrangère s’entremêlent profondément » pour positionner le pays « comme un acteur régional promouvant une forme modérée de l’islam ». Cette « diplomatie religieuse », déjà visible à différentes périodes de l’histoire, « connaît aujourd’hui un regain d’intérêt en tant que moyen semi-officiel de persuasion stratégique dans les relations internationales », ajoute le rapport de l’Institut du dialogue stratégique de Londres.

Le rôle du souverain est central dans cette architecture. « Le Roi, en s’appuyant sur son statut de Commandeur des croyants, œuvre activement à façonner le discours religieux et à affirmer un leadership spirituel », indique le document, « renforçant ainsi la centralité de la monarchie dans les politiques intérieure et extérieure ».

Le rapport replace enfin ce modèle dans la longue durée: « Le modèle religieux marocain puise ses racines dans l’État idrisside », avec une tradition qui conjugue « authenticité et capacité d’adaptation ». Cette configuration, poursuit-il, forme « une identité religieuse apte à relever les défis de la modernité tout en restant profondément enracinée dans la tradition ».

Face aux « défis de la concurrence régionale, de la fragmentation idéologique et des pressions mondiales », l’Institut du dialogue stratégique de Londres estime que « la diplomatie religieuse du Maroc demeurera un instrument clé dans la définition de sa trajectoire nationale et internationale ».




Source : https://fr.soubha.com/blog/i/93643776/maroc-un-mod...