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Mohamed Serghini, grande figure de la poésie marocaine, est décédé à 96 ans


Le Samedi 15 Août modifié le Mardi 30 Novembre


              

L’écrivain, poète et critique marocain Mohamed Serghini est décédé vendredi à Fès, à l’âge de 96 ans, des suites d’une longue maladie, selon des informations recueillies auprès de ses proches.



Né à Fès en 1930, Mohamed Serghini comptait parmi les figures importantes de la vie intellectuelle et littéraire du Maroc et du monde arabe. Durant plusieurs décennies, il a contribué au renouvellement de la poésie et de la critique, développant une œuvre à la croisée de la poésie, de la critique, de la traduction, de la sémiotique, de la philosophie, du roman et du théâtre.


Son œuvre poétique comprend plusieurs recueils, parmi lesquels « Tahta Al-Anqadh, Faouqa Al-Anqadh » (« Sous les ruines, au-dessus des ruines »), qui lui a valu le Prix du Maroc du Livre dans la catégorie poésie.


Mohamed Serghini a également publié des travaux consacrés à la critique et à la pensée, dont « Conférences de sémiologie » (1987), ainsi qu’une étude et une traduction autour de la poétique de Salah Stétié. Il est aussi l’auteur du roman « Je t’ai trouvé dans cet archipel » (1992) et de la pièce de théâtre « La chanson du train fantôme » (1986).


Sa poésie se caractérisait par une recherche de formes et de perspectives nouvelles, loin des cadres conventionnels. Son écriture associait notamment une sensibilité soufie à une approche moderne de la création poétique, ce qui a nourri l’intérêt de critiques et de chercheurs au Maroc comme à l’étranger.


Cette trajectoire a notamment été distinguée en 2004 par le Prix international de poésie Argana, décerné par la Maison de la poésie au Maroc. Mohamed Serghini figure ainsi parmi les premiers lauréats de cette distinction.


Son parcours universitaire a commencé à Fès, avant une formation à l’Université Al Quaraouiyine. Il s’est ensuite rendu en Irak, où il a obtenu une licence ès lettres à l’Université de Bagdad en 1959. De retour au Maroc, il a poursuivi ses études à l’Université Mohammed V de Rabat, où il a obtenu un diplôme de littérature comparée en 1963, puis un doctorat de troisième cycle en 1970. Il a enfin soutenu un doctorat d’État à la Sorbonne, à Paris, en 1985.


Au début des années 1960, Mohamed Serghini a rejoint la Faculté des lettres et des sciences humaines de Fès comme enseignant. Il y a poursuivi ses activités de recherche et d’encadrement universitaire, avant d’exercer les fonctions de vice-doyen de la faculté de 1986 à 1991.


Au-delà de son œuvre littéraire, son influence s’est exercée auprès de plusieurs générations d’étudiants et de chercheurs. Par son enseignement et ses travaux, il a participé à la transmission des méthodes de la critique et de la recherche universitaire au Maroc.


Avec sa disparition, le Maroc perd une figure majeure de sa poésie et de sa vie intellectuelle contemporaines. Son parcours, marqué par la création littéraire, la recherche, l’enseignement et la réflexion critique, laisse une empreinte durable dans la mémoire culturelle marocaine et arabe.




Source : https://pointinfo.articlophile.net/info/i/97689925...