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Springfield : un routier face à la mort d'un jeune Haïtien et à ce que l'Amérique est devenue


Le Samedi 10 Octobre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Le 31 août 2026, sur une autoroute bordée de champs de maïs près de Springfield, dans l'Ohio, Jack Buhring, routier de 41 ans, n'a pas pu éviter un homme surgi devant son camion. La victime s'appelait Pierre Damas Bel, avait 20 ans, et portait un bracelet électronique imposé par la police de l'immigration (ICE). Dans un long reportage publié par la journaliste Stephanie McCrummen dans The Atlantic, le chauffeur revient sur ce drame, que les enquêteurs traitent comme un suicide, et sur tout ce qu'il l'a forcé à regarder en face.



Arrivé légalement aux États-Unis en mars 2024, Pierre Damas Bel bénéficiait du statut de protection temporaire (TPS) accordé aux Haïtiens en raison de l'insécurité dans leur pays. Brillant lycéen, footballeur, membre du programme JROTC, il venait d'entrer à l'université Wright State pour étudier les neurosciences. Selon The Atlantic, l'administration Trump a révoqué le TPS d'environ 350 000 Haïtiens, et l'ICE avait commencé à convoquer ceux de Springfield, où vivent quelque 15 000 Haïtiens, pour leur poser des bracelets. Son père a déclaré que son fils s'était senti « traité comme un animal » et humilié par ses camarades.

Jack Buhring, ancien démocrate qui a voté pour la première fois pour Donald Trump en 2024, pensait soutenir l'expulsion des seuls immigrés condamnés pour des crimes. Ce qu'il découvre sur la victime ne correspond pas à ce discours. Le reportage montre aussi les fractures autour de lui : sa mère relaie des rumeurs hostiles aux Haïtiens et soupçonne un geste politique, sa compagne tente de le ramener à la raison, tandis qu'un pasteur local, Carl Ruby, impute directement le drame à la politique migratoire.

Selon des avocats et militants cités par le magazine, au moins 74 personnes, presque toutes haïtiennes et quasiment sans condamnation pénale, ont été détenues à Springfield depuis le début des opérations de l'ICE en août. Lors des funérailles, le 3 octobre, le gouverneur républicain Mike DeWine, qui a qualifié ces expulsions d'« erreur », figurait parmi l'assistance.

Au fil des semaines, le routier change de regard. « Pierre faisait ce qu'on attendait de lui. Nous n'avons pas été à la hauteur avec lui », confie-t-il. Un récit qui dit, à hauteur d'homme, comment une politique nationale vient bouleverser des vies ordinaires. Si vous traversez une période difficile, n'hésitez pas à en parler à un proche ou à un professionnel de santé.





Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/98327607/spring...