YouTube a fait appel, lundi, du verdict qui la reconnaissait responsable d'avoir contribué à l'addiction aux réseaux sociaux d'une jeune utilisatrice, rapporte TNW. La plateforme vidéo de Google emboîte ainsi le pas à Meta, qui avait interjeté appel une semaine plus tôt dans la même affaire.
Le procès, qui s'est étalé sur cinq semaines devant la juge Carolyn Kuhl, en Californie, s'est conclu en mars 2026 par la condamnation de YouTube et Meta à verser 3 millions de dollars de dommages et intérêts compensatoires à la plaignante, une jeune femme de 20 ans identifiée sous le nom de « Kaley » devant le tribunal, à quoi s'ajoute une recommandation de 3 millions de dollars supplémentaires au titre de dommages punitifs. Le jury avait estimé que la négligence des deux entreprises avait substantiellement contribué aux troubles développés par la plaignante durant son adolescence.
Pour sa défense, YouTube s'appuie sur un argument de classification : la plateforme affirme proposer un service de « partage et diffusion de vidéos » et non une fonction de réseau social comparable à Instagram ou TikTok. Les deux entreprises avaient également invoqué la Section 230 du Communications Decency Act de 1996, qui protège les plateformes de la responsabilité liée aux contenus publiés par des tiers — mais les avocats de la plaignante ont contourné cette défense en ciblant des fonctionnalités précises, notamment la lecture automatique (autoplay), conçues selon eux pour prolonger l'engagement des utilisateurs. Un porte-parole de Google, José Castañeda, a qualifié l'appel de « procédure standard permettant à l'affaire de suivre son cours ».
Cette affaire est la première d'une série de plusieurs milliers de procédures similaires visant les plateformes sociales, que certains observateurs comparent déjà aux poursuites intentées contre l'industrie du tabac dans les années 1990. Mark Lanier, avocat principal de la plaignante, s'est dit confiant que la cour d'appel confirmera le verdict initial — une issue qui, si elle se confirme, pourrait redéfinir la responsabilité juridique des géants technologiques face aux effets de leurs produits sur la santé mentale des jeunes utilisateurs.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97770389/youtub...
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