The Economist. Le puzzle du financement du Hamas: Comment le groupe échappe aux sanctions

Rédigé le 24/11/2023
via The Economist


L’article sur The Economist se penche sur l’empire financier du Hamas, un groupe islamiste palestinien, et sur les difficultés rencontrées par Israël et ses alliés pour le démanteler. Le Hamas tire son pouvoir de trois sources : sa force physique à Gaza, l'influence de ses idées et ses revenus. Alors qu'Israël cible militairement le Hamas, son objectif ultime est de saper la base financière du groupe, qui existe principalement à l'étranger, dans des pays amis. On estime que l’empire financier du Hamas génère plus d’un milliard de dollars par an et a été méticuleusement conçu pour échapper aux sanctions occidentales.

L'une des principales sources de revenus du Hamas provient des taxes à l'importation sur les marchandises importées à Gaza, qui s'élèvent à environ 360 millions de dollars par an. Israël a imposé des restrictions sur la circulation des biens et des personnes à travers la frontière, ce qui rend difficile l'entrée de produits essentiels comme la nourriture et le carburant à Gaza. Cependant, une plus grande partie des revenus du Hamas provient de sources étrangères, les responsables israéliens les estimant à environ 750 millions de dollars par an. L’Iran est le plus grand contributeur, fournissant 100 millions de dollars par an en aide militaire. Les financiers du Hamas doivent trouver des moyens de transférer cet argent sans tomber dans les sanctions américaines imposées aux particuliers et aux entreprises qui financent le Hamas.

L'article explore en outre les stratégies employées par le Hamas pour sauvegarder ses finances. Le groupe a diversifié son portefeuille en investissant dans des entreprises de construction, ce qui leur permet de percevoir discrètement des sommes d'argent substantielles. Cela constitue un défi pour les responsables turcs, qui entretiennent des liens étroits avec le Hamas, car ils peuvent éviter d’être directement impliqués dans le financement de l’organisation. Malgré les efforts visant à perturber les finances du Hamas, tels que les sanctions imposées par les États-Unis et le manque de coopération des banques turques, le groupe a réussi à maintenir sa sécurité financière. En gardant ses fonds en dehors du système bancaire traditionnel et en changeant fréquemment les noms de ses sociétés, le Hamas échappe à toute détection et frustre ceux qui tentent de suivre ses activités financières.

En outre, l'article souligne le potentiel des finances du Hamas à prospérer dans un contexte de conflit en cours. Alors qu'Israël intensifie ses attaques contre Gaza, les pays à population pro-palestinienne pourraient être plus enclins à soutenir les banquiers du Hamas, leur fournissant potentiellement des ressources supplémentaires. Cela représente un défi pour Israël, qui cherche à affaiblir financièrement le Hamas. Si le Hamas parvient à conserver sa richesse et ses racines financières, il continuera de constituer une menace importante pour Israël et ses alliés.