Le 17 septembre 2024, à 15 h 30, des appareils de radiomessagerie utilisés par des membres du Hezbollah explosent dans plusieurs régions du Liban, de la banlieue sud de Beyrouth à la Bekaa et au sud du pays. Le lendemain, une seconde vague touche des talkies-walkies. Selon le récit de l’émission « Affaires sensibles », sur France Inter, ces deux journées font au moins 42 morts et 3 500 blessés, parmi lesquels des civils.
Dans cet épisode publié le 2 novembre 2026, l’émission retrace l’opération attribuée au Mossad, depuis le choix du Hezbollah de privilégier ces appareils jusqu’à l’infiltration de leur circuit d’approvisionnement. Elle replace également les explosions dans la succession d’attaques israéliennes qui ont visé l’organisation en septembre 2024, jusqu’à la mort de son secrétaire général, Hassan Nasrallah.
Le recours aux bipeurs répondait initialement à un impératif de sécurité. Après l’élimination de plusieurs responsables dans des frappes attribuées à Israël, le Hezbollah redoutait que les téléphones portables permettent de localiser ses cadres. Six mois avant les explosions, Hassan Nasrallah avait demandé à ses partisans de s’en débarrasser. Le mouvement avait alors développé l’utilisation d’appareils plus rudimentaires, fonctionnant par ondes radio, pour transmettre des messages et rappeler ses combattants auprès de leurs unités.
Ces équipements, censés réduire l’exposition à la surveillance, deviennent pourtant une source de blessures simultanées. Les appareils explosent dans les mains ou près du corps de leurs détenteurs, dans des commerces, des voitures et sur des lieux de travail. Les hôpitaux rappellent leurs équipes et lancent des appels aux dons de sang. Le récit décrit de graves lésions aux mains, au visage et aux yeux, certaines nécessitant une énucléation. Deux enfants meurent après avoir saisi les bipeurs de leurs pères.
Dans les premières heures, l’hypothèse d’un piratage provoquant une surchauffe des batteries est avancée. L’attention se déplace ensuite vers un piégeage préalable à la livraison. Les informations selon lesquelles les appareils provenaient d’un même approvisionnement récent orientent les recherches vers la chaîne logistique et les conditions de fabrication.
Les inscriptions retrouvées sur les débris conduisent à Gold Apollo, entreprise taïwanaise. Celle-ci nie avoir fabriqué le modèle AR924 concerné et en attribue la production et la commercialisation à BAC Consulting, société enregistrée à Budapest. Selon les autorités hongroises citées dans l’émission, cette entreprise n’était qu’un intermédiaire commercial, sans installation de fabrication en Hongrie.
Le programme rapporte ensuite les révélations du New York Times, fondées sur les témoignages de responsables du renseignement israélien. D’après cette version, BAC Consulting appartenait à un dispositif de sociétés écrans destiné à dissimuler les véritables producteurs et vendeurs. Des appareils ordinaires étaient proposés à d’autres clients, tandis que ceux réservés au Hezbollah contenaient du PETN, un explosif. Les premières livraisons limitées auraient commencé à l’été 2022, avant une augmentation des volumes.
Les talkies-walkies portent, eux, le nom du fabricant japonais Icom. L’entreprise affirme que la production du modèle concerné avait cessé environ dix ans auparavant et estime qu’il pourrait s’agir de contrefaçons. Le récit ne permet pas d’établir avec certitude leur lieu de fabrication.
Les conséquences dépassent les victimes immédiates. La crainte gagne des habitants qui redoutent désormais leurs téléphones et leurs ordinateurs. Dans les jours suivants, Israël intensifie ses frappes contre le Hezbollah. Plusieurs responsables militaires sont tués, puis une campagne de bombardements provoque des déplacements de population. Le 27 septembre, le quartier général du mouvement est visé dans la banlieue sud de Beyrouth. Le Hezbollah confirme le lendemain la mort de Hassan Nasrallah.
L’émission présente ainsi une opération d’infiltration des approvisionnements, dont elle rapporte la reconnaissance ultérieure par le Mossad. Elle souligne également ses conséquences civiles : des personnes étrangères au Hezbollah blessées, des services hospitaliers mobilisés dans l’urgence et une peur durable des objets de communication quotidiens.
Source : https://fr.articlophile.com/bulletin/i/98596712/pr...
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