La décision marocaine de formaliser sa participation à la Force internationale de stabilisation à Gaza marque une étape supplémentaire dans l'implication du royaume dans l'architecture post-conflit de l'enclave palestinienne. Selon plusieurs médias marocains et internationaux, Rabat a signé à la mi-juillet un accord-cadre avec le Conseil de paix pour Gaza, qui définit les paramètres juridiques, techniques et opérationnels de son engagement au sein de cette mission multinationale mandatée par les Nations unies et soutenue par Washington. Ce texte, paraphé à Rabat par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita et le ministre délégué chargé de l'Administration de la Défense nationale Abdeltif Loudyi en présence de l'envoyé spécial du Conseil de paix Nikolay Mladenov, officialise une participation déjà amorcée sur le terrain par l'envoi d'un premier contingent d'officiers des Forces armées royales (FAR) au quartier général de la force en Israël.
Les informations disponibles indiquent que le Maroc s'est engagé à contribuer sur plusieurs volets : sécuritaire, policier, humanitaire et de formation. Dès le mois de juin, un détachement d'officiers marocains a rejoint le quartier général de la Force internationale de stabilisation (ISF/FIS) à Kiryat Gat, à une trentaine de kilomètres de Gaza, avec pour mission d'appuyer la mise en place des structures de commandement et de participer à la planification des opérations sur le terrain.
Des responsables de la force ont précisé que ce contingent devait apporter une expertise particulière dans le domaine de la police et des forces de l'ordre, dans la perspective de former des unités palestiniennes chargées de la sécurité intérieure dans un contexte de transition post-Hamas, selon Le Collimateur.
Sur le plan politique, la participation marocaine s'inscrit dans la continuité des engagements pris lors du Conseil de la paix organisé à Washington sous l'égide du président américain Donald Trump, où Nasser Bourita avait détaillé la contribution envisagée par Rabat. Le Maroc y avait été cité parmi les premiers États volontaires pour intégrer l'ISF aux côtés de l'Indonésie, du Kazakhstan, du Kosovo et de l'Albanie, avec l'idée que Rabat et Jakarta fourniraient des contingents parmi les plus importants. Selon certaines estimations relayées par des médias internationaux, la contribution marocaine pourrait à terme atteindre plusieurs dizaines de milliers de militaires, avec un déploiement progressif à partir du secteur de Rafah, au sud de la bande de Gaza, même si ni l'ampleur exacte du dispositif ni le calendrier précis n'ont été publiquement confirmés à ce stade, selon RFI.
La Force internationale de stabilisation à Gaza est décrite comme une coalition multinationale dotée d'un mandat onusien visant à sécuriser la bande, faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire, superviser le désarmement du Hamas et accompagner la mise en place de forces de police palestiniennes. Les premiers pays contributeurs officiellement identifiés incluent l'Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l'Albanie, tandis que l'Égypte et la Jordanie ont accepté de participer à la formation de la police locale, sans déployer de troupes de combat. Le dispositif doit se déployer par phases, secteur par secteur, avec une montée en puissance graduelle des moyens humains et logistiques à mesure que les conditions de sécurité le permettent.
Pour Rabat, cet engagement s'accompagne d'un volet financier et d'une dimension diplomatique plus large, centrée sur la relance d'un processus politique en faveur d'une solution à deux États. Des sources citées par des médias internationaux font état d'une contribution marocaine au programme d'aide à Gaza, intégrée à un paquet global de plusieurs milliards de dollars promis par un groupe de neuf pays pour la reconstruction et la stabilisation de l'enclave.
La diplomatie marocaine met en avant une approche combinant appui sécuritaire, soutien aux infrastructures de santé – via notamment l'hôpital militaire marocain déployé dans la région – et promotion de la coexistence, dans l'objectif d'utiliser la stabilisation de Gaza comme levier pour une reprise des discussions de paix, selon Medias24.
Cette participation revêt une portée géopolitique particulière au regard des relations que le Maroc entretient à la fois avec Israël et avec l'Autorité palestinienne. Plusieurs analyses étrangères soulignent que Rabat est perçu par certains responsables israéliens comme un acteur sécuritaire fiable, d'où le fait que le Maroc soit mentionné comme l'un des premiers pays à avoir concrétisé ses engagements par l'envoi de troupes, notent notamment the Yeshiva World et Yeni Şafak.
Dans le même temps, la diplomatie marocaine s'efforce de présenter cette contribution comme une extension de son soutien traditionnel à la cause palestinienne, en cohérence avec la présidence par le roi Mohammed VI du Comité Al-Qods et avec la position officielle en faveur de la création d'un État palestinien souverain. Cette double inscription, à la fois dans un cadre sécuritaire structuré par Washington et dans une logique de solidarité arabe et islamique, constitue un des éléments centraux de la communication politique autour de l'accord récemment signé.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97370719/almghr...






CitaMag #158