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Khalfi réfute les interprétations espagnoles liant Ceuta au projet de naturalisation des Sahraouis


Le Samedi 5 Septembre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Ces propos, tenus dans l'émission « Jalssat Amal » diffusée par Hespress, ont été présentés par une partie de la presse espagnole comme établissant un lien direct entre l'afflux massif de migrants vers la ville et le projet de loi espagnol visant à octroyer la nationalité aux Sahraouis nés durant la période de l'administration espagnole du Sahara marocain. Une autre lecture des déclarations, publiées en espagnol, montre en réalité que le propos portait sur des évolutions concomitantes, s'inscrivant selon lui dans une mutation stratégique plus large des relations entre Rabat et Madrid.



« Une lecture de mauvaise foi »

Réagissant à cette polémique, Mustapha Khalfi affirme que transformer ses propos en un lien de causalité direct entre le projet de naturalisation des Sahraouis et les événements de Ceuta relève d'une « lecture trompeuse » et d'une « analyse de mauvaise foi ». Il souligne que le facteur principal de la vague d'entrées massives est lié aux conséquences de la décision de la Cour suprême espagnole sur le statut migratoire.

Il précise que cette décision a créé de nouveaux défis en matière de gestion des frontières et de l'immigration, rappelant que le Maroc ne peut assumer seul la responsabilité de la protection des frontières espagnoles, et que la coopération sécuritaire entre les deux pays ne doit pas se transformer en une fonction de « gendarme » imposée à Rabat sur la rive sud de la Méditerranée.

Ces précisions interviennent alors que la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a reconnu que la gestion gouvernementale de la crise de Ceuta avait été tardive, tandis que Madrid évoque le rôle d'informations sécuritaires et de mobilisations via les réseaux sociaux dans le déroulement de la crise.


Quant au projet de naturalisation espagnole des Sahraouis, Khalfi le situe à un autre niveau d'analyse : il ne le considère pas comme une cause directe de l'afflux massif vers Ceuta, mais comme un développement politique et sécuritaire distinct, qui soulève selon lui des questions sur l'avenir du conflit artificiel autour du Sahara et ses répercussions au sein même de l'Espagne.

Le membre du secrétariat général du Parti de la justice et du développement estime par ailleurs que des parties hostiles au Maroc cherchent à exploiter cette dynamique pour constituer ce qu'il appelle un « Tindouf 2 », en référence à l'émergence possible d'un nouveau foyer de soutien au projet séparatiste sur le sol espagnol, dans le but de transformer le conflit en un nouvel espace politique et social. Il précise que cette hypothèse recoupe en partie certains constats de la presse espagnole elle-même sur les craintes de Rabat de voir un grand nombre de Sahraouis bénéficier du projet de loi, tout en s'en distinguant sur le lien de causalité direct établi avec les événements de Ceuta.


Une lecture stratégique

L'analyse de Khalfi ne s'arrête pas à Ceuta et au dossier de la naturalisation : il place également le dossier de Gibraltar parmi les développements appelant à une lecture stratégique, estimant que les avancées espagnoles sur ce détroit et les arrangements qui les accompagnent imposent à Rabat de faire valoir ses intérêts et ses calculs dans sa relation avec Madrid.

Selon ses explications, son propos ne repose donc pas sur une explication de la crise de Ceuta par un facteur unique, mais sur une lecture croisée de trois développements concomitants : la pression migratoire et les défis sécuritaires qu'elle engendre, le projet de naturalisation espagnole des Sahraouis et ses possibles répercussions politiques, ainsi que les mutations liées au dossier de Gibraltar — des dossiers qui, selon lui, révèlent le besoin d'une relecture stratégique de long terme des relations maroco-espagnoles.

Le gouvernement espagnol, de son côté, affirme que la coopération avec le Maroc dans la gestion de la crise de Ceuta est « essentielle », tout en soulignant que la souveraineté de l'Espagne sur Ceuta et Melilla n'est « pas négociable », Madrid continuant par ailleurs à considérer Rabat comme un partenaire central sur les dossiers sécuritaires et migratoires.

Khalfi insiste sur le fait que son propos visait à appeler à une lecture globale de ces grandes mutations, et non à accuser directement le projet de naturalisation d'être à l'origine des événements de Ceuta. Il plaide pour une relation maroco-espagnole fondée sur le bon voisinage, le dialogue et le règlement des dossiers en suspens selon des principes clairs, plutôt que de laisser les dossiers sensibles exposés aux lectures fabriquées et aux interprétations malveillantes.




Source : https://sahra.articlophile.net/sahara/i/97862256/k...