Le Parti populaire (PP), principale formation d'opposition en Espagne, a rejoint les voix de l'extrême droite qui accusent Rabat d'être responsable des traversées massives survenues le 30 juillet vers l'enclave espagnole de Sebta.
Ces accusations interviennent peu après que le Maroc a réagi aux critiques et à la rhétorique anti-marocaine en insistant sur l'importance d'une responsabilité partagée dans la gestion de la migration irrégulière. La secrétaire générale adjointe du PP, Alma Ezcurra, a affirmé que le Maroc est « responsable de ce qui s'est passé et de ce qui se passe actuellement à Sebta ».
Dans un premier temps, le PP avait dirigé ses critiques contre le gouvernement de Pedro Sánchez : son secrétaire général, Miguel Tellado, avait accusé le Premier ministre espagnol d'être le « principal responsable » de ces traversées massives. Mais selon des médias espagnols, le parti a depuis réorienté son discours, notamment après les réponses fermes du Maroc face aux campagnes visant Rabat, comme l'a souligné El Mundo.
Les médias espagnols relèvent qu'Ezcurra a visé directement le Maroc et s'en est prise principalement aux propos récents du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, qu'elle accuse de « remettre une nouvelle fois en doute l'identité espagnole de Sebta et Melillia ». « Est-ce là la coopération loyale que le gouvernement entretient avec le Royaume du Maroc ? Allons-nous continuer à céder face à un pays qui ne reconnaît pas la souveraineté espagnole sur Sebta, garante des frontières et de la sécurité d'une ville espagnole ? », a-t-elle déclaré.
Ces accusations surviennent alors que le Maroc a fermement répondu aux critiques et à la rhétorique anti-marocaine, une situation jugée « inacceptable » côté espagnol. Le gouvernement marocain a clairement rappelé que Rabat ne saurait être considéré comme le gendarme ou le garde-frontière de l'Europe.
Le ministère marocain de l'Intérieur a réaffirmé sa position constante : « La lutte contre la migration irrégulière et les réseaux de traite humaine ne peut reposer sur les efforts d'une seule partie. Elle exige au contraire que toutes les parties assument leurs responsabilités et honorent leurs engagements dans un cadre de responsabilité partagée. » Son porte-parole a appelé les autorités espagnoles à assumer, elles aussi, leurs responsabilités et à accélérer les procédures de retour des mineurs non accompagnés présents dans l'enclave, tout en préservant leur intérêt supérieur.
De son côté, le ministre Ouahbi a répondu aux revendications de « l'intégrité territoriale espagnole » formulées par des responsables politiques espagnols, en réaffirmant la souveraineté du Maroc sur les deux enclaves. Il a précisé que le dossier reste « sur la table » mais demeure en suspens pour l'heure. Il s'exprimait lors d'un entretien à Asharq Bloomberg, où il a également reproché à l'Espagne d'exhorter le Maroc à empêcher les départs irréguliers tout en ouvrant, dans le même temps, des voies légales à des personnes en situation irrégulière. Le ministre a par ailleurs exhorté Madrid à assumer ses responsabilités et à organiser le retour des mineurs vers leur pays d'origine.
Source : https://lemag.articlophile.net/blog/i/97677547/pp-...
-
Abdellah Boussouf : Sebta, la mort d'Abderrahim Fakir et l'urgence d'une politique migratoire marocaine
-
CitaMag #182
-
Articlophile — Revue de presse · Éd. 88 : e-Himaya, agriculture et vigilance à Sebta
-
Les meilleures réalisations architecturales durables d'Australie en 2026
-
Rob Gurzeev (CyCognito) : pourquoi l'IA a changé le principal angle mort de la cybersécurité





Abdellah Boussouf : Sebta, la mort d'Abderrahim Fakir et l'urgence d'une politique migratoire marocaine