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Maroc : les chaînes minières ciblent la transformation locale


Le Mardi 15 Septembre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Le Maroc vise l'aval minier africain


Le Maroc entend consolider sa place dans les chaînes de valeur minières africaines en privilégiant davantage la transformation industrielle des ressources sur le continent. Cette orientation, portée par les minerais dits critiques et stratégiques, répond à la demande croissante des filières de l'énergie, de la mobilité électrique, des technologies numériques et de l'industrie manufacturière.



Le Royaume dispose déjà d'un socle minier structuré autour des phosphates, dont il concentre une part prépondérante des réserves mondiales. Ce secteur a permis le développement d'une industrie de transformation, notamment dans les engrais, et l'émergence d'acteurs capables d'opérer à l'échelle internationale. Les autorités et les professionnels du secteur souhaitent désormais étendre cette logique à d'autres substances, parmi lesquelles le cobalt, le cuivre, le lithium, le manganèse, les terres rares, le plomb et le zinc.


L'enjeu dépasse l'augmentation des volumes extraits. Il consiste à capter une part plus importante de la valeur créée entre l'exploration géologique et la fabrication de produits industriels. Dans de nombreux pays africains, les minerais sont encore exportés sous forme brute ou faiblement transformée, avant d'être traités en dehors du continent. Le Maroc cherche à se positionner comme une plateforme régionale de traitement, de raffinage, de production de composants et de services destinés aux industries minières.


Cette stratégie s'inscrit dans la montée en puissance des chaînes liées à la transition énergétique. Les batteries, les véhicules électriques, les équipements solaires et éoliens ainsi que les infrastructures de réseaux exigent des volumes importants de métaux spécifiques. La diversification géographique des approvisionnements devient également une priorité pour les groupes industriels et les États dépendants d'un nombre limité de fournisseurs. Dans ce cadre, l'Afrique est appelée à renforcer son rôle, à condition d'améliorer ses capacités de transformation, de financement et de formation.


Selon les éléments présentés autour du Congrès international des mines du Maroc, prévu du 6 au 8 octobre 2026 à Rabat, le débat doit porter sur la possibilité de faire de l'Afrique un pôle intégré de transformation des minerais critiques et stratégiques. La rencontre entend réunir décideurs publics, entreprises minières, investisseurs, industriels et experts autour des conditions nécessaires à une montée en gamme du continent. L'accent est mis sur le traitement local des ressources, plutôt que sur la seule extraction.


Le Maroc dispose de plusieurs atouts dans cette perspective : une tradition industrielle dans les phosphates, une proximité avec les marchés européens, des infrastructures portuaires et logistiques en développement, ainsi qu'une base automobile et énergétique appelée à consommer davantage de matériaux stratégiques. Le pays cherche également à articuler ses ambitions minières avec ses politiques industrielles, notamment dans la fabrication de batteries et les énergies renouvelables.


Des limites subsistent toutefois. Le développement d'une filière minière exige des données géologiques précises, des financements patients et des technologies de traitement souvent coûteuses. Les projets nécessitent généralement plusieurs années entre l'exploration, l'évaluation des réserves, l'obtention des autorisations et l'entrée en production. Les spécialistes soulignent aussi le besoin de renforcer le lien entre l'amont extractif et les activités industrielles locales, particulièrement pour le cuivre, le cobalt, le plomb et le zinc.


La compétition s'intensifie enfin entre pays producteurs, industriels de la transformation et puissances consommatrices. Pour le Maroc, l'objectif est de ne pas limiter son rôle à celui d'un fournisseur de matières premières, mais de devenir un acteur des étapes industrielles les plus rémunératrices. Cette ambition suppose une coopération accrue avec les pays africains producteurs, des règles de gouvernance partagées et une attention constante aux exigences environnementales et sociales liées à l'activité minière.


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Source : https://lemag.articlophile.net/blog/i/98039564/mar...