À l’occasion du Marrakech Airshow 2026, Airbus a présenté une série d’avancées qui montrent que son empreinte marocaine ne se limite plus à la production de pièces. Dans l’entretien accordé à Aeronautique.ma, son représentant au Maroc, Mickaël Bertrand, également directeur général d’Airbus Helicopters Maroc, revient sur les annonces faites à Marrakech, qu’il juge "tangibles". Il rappelle que le groupe est présent dans le pays depuis 75 ans. Aujourd’hui, il y compte cinq entités juridiques, quelque 1 300 emplois directs et environ 10 000 emplois indirects.
La première annonce concerne l’ingénierie et la recherche et développement. Le 7 octobre, Gabriel Sémelas, président d’Airbus pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a signé l’accord de consortium de l’Africa Center of Manufacturing Excellence (ACME), le Centre africain de fabrication d’excellence, hébergé par l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Le consortium réunit neuf parties : le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’Administration de la Défense nationale, le Groupe OCP et l’UM6P, aux côtés de Boeing, Airbus, Lockheed Martin, Safran Nacelles et du CETIM Maroc.
Pour Airbus, l’accord constitue une porte d’entrée vers des projets transversaux, notamment sur la durabilité, aussi bien pour la gamme civile que pour la gamme militaire. M. Mickaël Bertrand précise que cette démarche découle d’une étude approfondie du potentiel académique marocain (UM6P, EMI et autres centres d’excellence) et non d’une simple réaction à la concurrence.
Dans le même temps, l’activité Spirit Aerosystems, issue de l’acquisition du site de Casablanca finalisée en décembre 2025, est désormais officiellement rattachée à Airbus. Elle constitue la troisième entité industrielle du constructeur au Maroc, sous le nom d’Airbus Atlantic Maroc Aero.
Cette montée en puissance s’inscrit dans l’accélération des cadences mondiales. Airbus vise 75 appareils de la famille A320 par mois, avec un palier de 70 à 75 d’ici fin 2027 avant stabilisation à ce rythme. Interrogé sur le lien avec les pièces marocaines, M. Mickaël Bertrand confirme que la chaîne d’approvisionnement locale suit directement ces cadences, en raison précisément des éléments en monosourçage. Il affirme que la hausse des cadences ne compromet ni la qualité ni la sécurité des vols, et se dit très satisfait des performances du Maroc en matière de qualité et de délais.
Côté hélicoptères et défense, le projet de hub régional avance à la suite du contrat conclu avec les Forces Armées Royales, qui ont commandé dix H225M en novembre 2025 pour remplacer leurs Puma. Il comprend le déploiement d’un simulateur de vol au profit des forces armées et la création d’une activité de maintenance, réparation et révision (MRO) en joint-venture avec un partenaire institutionnel marocain, destinée à s’intégrer à la Base industrielle et technologique de défense (BITD) du Royaume.
Ce centre doit soutenir les quelque 60 hélicoptères Airbus en service au sein des Forces Royales Air, de la Marine royale et de la Gendarmerie royale, avec une vocation régionale pour l’Afrique de l’Ouest.
Enfin, à propos de la Royal Air Maroc, qui vise une flotte de 200 appareils à l’horizon 2037 et dont l’appel d’offres est toujours en cours, Mickaël Bertrand indique qu’Airbus se tient au plus près de ses besoins de croissance et prêt à répondre à toutes ses demandes, sans annonce à ce stade.
Source : https://www.aeronautique.ma/Marrakech-Airshow-2026...
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