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Pollution plastique : 12 milliards de dirhams par an sur la seule façade méditerranéenne, selon Greenpeace


Le Lundi 5 Octobre modifié le Mardi 30 Novembre


              

La pollution plastique causerait chaque année environ 1,2 milliard de dollars de dommages, soit près de 12 milliards de dirhams, aux écosystèmes marins de la côte méditerranéenne du Maroc. C'est l'estimation avancée par un récent rapport de Greenpeace MENA, relayé par Yabiladi. Ce montant correspond à environ 0,8 % du PIB. Il ne couvre ni les dégâts sur la façade atlantique, ni les pertes directes pour le tourisme, la pêche et les autres activités : c'est donc une estimation de dommages écologiques et économiques, non le coût total de la pollution plastique pour le pays.



Les chiffres clés

  • Déchets plastiques produits : 422 000 tonnes par an
  • Déchets mal gérés : environ 250 000 tonnes par an
  • Plastique finissant en mer : environ 75 000 tonnes par an
  • Collecte en 2019 : 96 % des zones urbaines, mais seulement 10 % des zones rurales
  • Centres de tri : 26 prévus, 9 construits, 3 opérationnels
  • Dommages cumulés projetés (2026-2040) : environ 22 milliards de dollars sur les écosystèmes marins méditerranéens

Un problème d'aval, de service public et de gouvernance

Le point le plus parlant n'est pas tant le volume de plastique produit que le sort qui lui est réservé ensuite : près de 250 000 tonnes seraient mal gérées chaque année, et environ 75 000 tonnes rejoindraient le milieu marin. L'écart territorial est tout aussi frappant, avec une collecte quasi généralisée en ville mais quasi absente à la campagne.

Cela déplace le débat de la seule « incivilité » individuelle vers des questions de service public, d'investissement, de gouvernance territoriale et de responsabilité industrielle. La pollution marine, visible sur les plages, est l'aboutissement d'une chaîne de défaillances en amont : collecte inégale, tri insuffisant, débouchés de recyclage fragiles, emballages à usage unique, intégration incomplète des récupérateurs informels.


Ce que disait déjà la Banque mondiale

Ces ordres de grandeur rejoignent en partie ceux de la note technique de la Banque mondiale sur la stratégie « Littoral Sans Plastique » (LISP). Celle-ci chiffrait les dommages liés aux plastiques entrant en Méditerranée entre 750 millions et 2,5 milliards de dollars par an, recensait elle aussi 75 000 tonnes de déchets plastiques rejoignant chaque année le milieu marin, et projetait un quasi-triplement de la pollution d'ici 2040 si rien ne change.

Le document rappelle aussi que le littoral concentre environ 81 % des industries du pays, 59 % du PIB et 52 % des emplois. Le plastique marin relève donc autant de la politique industrielle et de l'économie bleue que de la propreté urbaine.


Les pistes d'action avancées

Greenpeace appelle à améliorer la collecte en milieu rural, à mettre en service les centres de tri déjà construits, à rendre les producteurs responsables de l'ensemble des emballages, à soutenir les récupérateurs informels et à adopter un traité mondial pour réduire la production de plastique. Ces priorités recoupent plusieurs chantiers de la stratégie LISP :

  • étendre la collecte dans les zones rurales ;
  • rendre opérationnels les 26 centres de tri prévus ;
  • instaurer une responsabilité élargie des producteurs, en commençant par les bouteilles en PET ;
  • formaliser le rôle des récupérateurs et recycleurs informels, qui constituent déjà une infrastructure de collecte de fait ;
  • réduire à la source les plastiques à usage unique, y compris dans le tourisme côtier et l'agriculture ;
  • renforcer les données publiques et le suivi environnemental, et étudier une taxe sur certains plastiques à usage unique.

Un chiffre à lire avec prudence

Greenpeace est une organisation de plaidoyer : ses estimations sont utiles pour alerter et cadrer l'ampleur du risque, mais la méthodologie complète du rapport (périmètre géographique, types de dommages monétisés, hypothèses de valorisation, risque de double comptage) reste à examiner pour juger de sa solidité.

L'écart avec l'estimation antérieure de la Banque mondiale ne signale pas forcément une contradiction : les années de référence, les périmètres, les scénarios et les méthodes peuvent différer. Il serait donc trompeur de présenter « 12 milliards de dirhams » comme une facture exhaustive et définitive. Mieux vaut y voir une estimation récente, limitée au littoral méditerranéen, des dommages liés à la pollution plastique.


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Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/98270377/pollut...