La présence de Jacob Zuma à Rabat lors de la demi-finale de la CAN entre le Maroc et le Nigeria, le 14 janvier 2026, a été largement relayée par une vidéo publiée sur X. Le compte du parti uMkhonto weSizwe (MK) a indiqué: « Last night H.E. President Jacob Zuma attended the AFCON 2025 semi-final match between host nation Morocco and Nigeria » (poste du 15 janv. 2026). Filmé au stade Prince Moulay Abdellah aux côtés de Magasela Mzobe, chef de la présidence du parti MK, et de Thalente Myeni, le fils de feu Dudu Myeni, l’ancien chef de l’État sud-africain a été aperçu en train de danser alors que le Maroc s’imposait aux tirs au but (4-3) après un match nul prolongé.
Au-delà de l’instant sportif, cet épisode s’inscrit dans une séquence politique où Zuma, désormais à la tête du parti MK, affiche un soutien clair au plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental — une position qui, selon The Africa Report, « rompt nettement » avec la ligne historique de l’ANC et la diplomatie de Pretoria. En juillet 2025, il avait effectué une visite à Rabat et rencontré de hauts responsables, dont le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita. L’usage du drapeau sud-africain lors d’un événement non officiel a entraîné une protestation formelle du ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération (DIRCO), qui a dénoncé une « utilisation du drapeau national sud-africain lors d’un événement non officiel » de nature à « laisser entendre, de manière inappropriée, une approbation officielle » de cette visite privée.
La réaction au sein de l’ANC a été tout aussi tranchée. Son secrétaire général, Fikile Mbalula, a publiquement fustigé Zuma, le qualifiant de « traître » pour son appui à une politique jugée contraire aux valeurs constitutionnelles sud-africaines et à la solidarité panafricaine. Cette fracture intervient alors que Rabat déploie une diplomatie active, souvent décrite comme une « diplomatie du dollar » par l’ISS Africa, laquelle « produit des dividendes » en attirant des soutiens à son initiative d’autonomie (ISS Today).
Le contexte reste celui d’un conflit du Sahara occidental enlisé depuis des décennies entre le Maroc et le Front Polisario soutenu par l’Algérie. La proposition marocaine, formulée en 2007, prévoit un territoire autonome sous souveraineté du Royaume, une voie rejetée par le Polisario et ses alliés. Pour les partisans de la recomposition opérée par Zuma, l’ouverture à Rabat relève d’une realpolitik assumée; ses détracteurs y voient au contraire une manœuvre opportuniste sapant la cohérence de la politique étrangère sud-africaine. Reste à voir si cette visibilité — jusqu’aux tribunes de la CAN — se transformera en liens stratégiques durables. À ce stade, elle confirme surtout que l’un des dirigeants les plus controversés du continent entend peser sur un dossier diplomatique sensible.
Source : https://sahra.articlophile.com/sahara/i/93718702/z...






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