Articlophile
Votre veille sélective

Amitié : pourquoi se voir moins souvent peut renforcer les liens, selon Adam Grant


Le Dimanche 11 Octobre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Face à ce que beaucoup décrivent comme une épidémie de solitude, la réponse semble évidente : multiplier les contacts. Ce n'est pas l'avis d'Adam Grant. Dans une tribune publiée par le psychologue des organisations Adam Grant dans le New York Times, adaptée de son nouveau livre Vibe, le professeur de la Wharton School soutient que la fréquence des échanges ne détermine pas la qualité d'une relation.



L'auteur part d'une anecdote personnelle : après des mois sans voir sa mère pendant la pandémie, les retrouvailles tant attendues tournent aux petites frictions. Il cite alors un proverbe cher à sa famille, selon lequel les invités, comme le poisson, finissent par sentir au bout de trois jours. Pour lui, la communication permanente, des « flammes » quotidiennes sur Snapchat aux appels de chaque soir, crée une pression et multiplie les occasions de se sentir vexé au moindre silence.

La recherche, affirme Adam Grant, montre au contraire que la distance peut rapprocher. Les jeunes qui partent à l'université s'entendent souvent mieux avec leurs parents et leurs frères et sœurs. Au travail, les équipes les plus créatives et productives n'échangent pas en flux continu : elles alternent des phases de faible communication et des pics d'échanges intenses.

Il illustre son propos par deux exemples. L'entraîneur Phil Jackson, revenu chez les Lakers un an après son départ, a pu se réconcilier avec Kobe Bryant et remporter deux nouveaux titres. Le groupe Fall Out Boy, séparé quatre ans pour cause d'épuisement, est revenu avec une énergie neuve et ses plus grands succès.

La leçon proposée est simple : une amitié solide tolère les silences. Une thèse qui bouscule nos réflexes, même si elle vaut sans doute surtout pour des liens déjà bien établis.





Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/98327617/amitie...