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Ce que le coup de tête de Zidane révèle sur la confiance et le pardon


Le Mercredi 12 Août modifié le Mardi 30 Novembre


              

Dans un billet publié sur Psychology Today, le chercheur en confiance et réputation Deepak Sirdeshmukh revient sur l'un des gestes les plus commentés de l'histoire du football : le coup de tête asséné par Zinedine Zidane à l'Italien Marco Materazzi lors de la finale de la Coupe du monde 2006, qui lui vaut une expulsion à la 110e minute et prive la France d'un dernier titre pour la fin de carrière de son capitaine.



Zidane avait alors présenté ses excuses aux enfants qui avaient suivi le match, mais pas pour son geste en lui-même : le regretter, disait-il, reviendrait à admettre que l'insulte très personnelle proférée par Materazzi était justifiée. Contre toute attente, l'épisode n'a pas entamé la popularité du joueur : un sondage du Parisien montrait que 61 % des Français l'avaient déjà pardonné quelques jours plus tard, et le président Jacques Chirac lui avait publiquement témoigné l'admiration et l'affection du pays.


Pour l'auteur, ce pardon massif s'explique par ce qu'il nomme la « marge relationnelle » (relational slack) : un capital de confiance accumulé au fil du temps, qui dépasse le simple seuil nécessaire au bon déroulement des échanges ordinaires. Zidane avait engrangé huit ans de bienveillance publique depuis la victoire de 1998, un stock de confiance si important que le pays a lu le coup de tête comme la faute tragique d'un héros plutôt que comme la malveillance d'un simple joueur.


Cette réserve de confiance agit comme un amortisseur : elle permet d'absorber les erreurs et les chocs de réputation, et finance les risques qu'on ne pourrait prendre autrement. Deux décennies plus tard, le geste n'est plus perçu comme une tache mais comme du folklore, rejoué et cité sans cesse, tandis que Zidane a mené l'une des carrières d'entraîneur les plus dominantes de l'histoire du football — la preuve, selon l'auteur, que même sous la pression la plus extrême, il n'a pas sacrifié l'honneur de sa famille pour une médaille.




Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97640924/zidane...