Comment nommer les lieux saints de Jérusalem sans effacer les mémoires qui s’y croisent ? Cette question est au cœur de la réaction signée, le 20 octobre 2016, par Jacqueline Cuche, alors présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France (AJCF).
Dans ce texte, elle dénonce les formulations des résolutions approuvées à l’UNESCO le 18 octobre. Selon elle, l’emploi des seules désignations arabes et musulmanes pour certains lieux saints occulte leur importance dans l’histoire et la tradition juives. Elle estime que cette lecture affecte également la mémoire chrétienne, indissociable des origines juives de Jésus.
Une protestation au nom du dialogue
La prise de position de Jacqueline Cuche exprime une inquiétude autant qu’une indignation. Elle redoute que cette controverse accentue les tensions au Proche-Orient et fragilise, en France, les relations entre juifs, chrétiens et musulmans.
Le document mentionne également les démarches de responsables catholique et protestant français auprès d’Irina Bokova, alors directrice générale de l’UNESCO. Ces réactions traduisent la place qu’occupe la reconnaissance du lien juif à Jérusalem dans le dialogue judéo-chrétien.
Reconnaître toutes les mémoires
La position de l’UNESCO ne saurait toutefois être réduite aux formulations contestées. Dès le 14 octobre 2016, Irina Bokova rappelait publiquement que Jérusalem est sacrée pour les trois religions monothéistes. Elle soulignait que son patrimoine forme un ensemble indivisible et que chaque communauté doit voir reconnue son histoire dans la ville.
Cette déclaration défendait la reconnaissance des traditions juives, chrétiennes et musulmanes comme une condition de la préservation du site. Déclaration de l’UNESCO du 14 octobre 2016.
Relu dix ans après les faits, le texte de Jacqueline Cuche témoigne ainsi d’un enjeu durable : les mots employés pour désigner le patrimoine peuvent devenir des points de confrontation. Son appel final à la réconciliation rappelle aussi la vocation du dialogue interreligieux : faire place aux différentes mémoires et permettre leur reconnaissance réciproque.
Source principale : Jacqueline Cuche, « L’UNESCO récidive ! », Sens, 2017/1, no 410, p. 2. Consulter la référence.
Source : https://lemag.articlophile.net/articles/i/98480285...
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