Et si la disparition de la honte comme mécanisme social expliquait une partie de la fragmentation culturelle actuelle ? C'est la thèse défendue par le chroniqueur Jay Caspian Kang dans sa chronique « Fault Lines » du New Yorker, relayée par New York Metropolitan.
Kang prend pour cas d'étude le « tanking » en NBA — cette pratique consistant à perdre délibérément des matchs pour obtenir de meilleurs choix de draft. L'exemple emblématique reste Sam Hinkie, ancien dirigeant des Philadelphia 76ers entre 2013 et 2015, qui avait ouvertement renoncé à prétendre vouloir gagner.
« Nous sommes entrés dans une culture de l'optimisation qui supprime les garde-fous qu'offrait autrefois la honte », observe l'ancien joueur devenu commentateur Domonique Foxworth, cité dans la chronique. Kang avance que les médias locaux permettaient autrefois de contenir les comportements honteux à l'échelle d'une communauté, alors que les réseaux sociaux nationalisent aujourd'hui la moindre transgression.
Faute de honte collective pour réguler les comportements, conclut Kang, la société se retrouve à devoir compenser par une intervention réglementaire directe — un constat qu'il étend bien au-delà du seul monde du sport professionnel.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/98000637/dispar...
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