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Manchester City reconnu coupable de fraude : pour Salon, le scandale dépasse largement le football


Le Mardi 20 Octobre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Fin septembre, une commission juridique indépendante a rendu son verdict tant attendu : Manchester City, club le plus titré d'Angleterre ces quinze dernières années, a été reconnu coupable de 114 infractions aux règles financières de la Premier League, pour plus d'un milliard de dollars de revenus et de parrainages jugés fictifs, sur la seule période 2009-2018. Dans une chronique publiée par Salon, son rédacteur en chef par intérim, Andrew O'Hehir, estime pourtant que l'affaire n'a, au fond, pas grand-chose à voir avec le football.



Selon lui, le verdict revient à constater que le club s'est hissé au sommet du football mondial grâce à des montages financiers qui ont permis à ses propriétaires de dépenser bien au-delà des règles, en salaires de stars comme Erling Haaland ou Kevin De Bruyne et en entraîneurs prestigieux comme Pep Guardiola. Depuis 2008, Manchester City appartient à l'Abu Dhabi United Group, détenu par le cheikh Mansour bin Zayed, frère du dirigeant de l'émirat. L'affaire s'oriente vers une procédure d'appel qui pourrait durer des années, et l'éventail des sanctions possibles reste très large, du retrait de titres et d'une exclusion de la ligue à une simple sanction financière ou un compromis négocié.

Ce qui intéresse le chroniqueur, c'est que presque tout le monde savait. Reprenant l'analyse du journaliste Alex Shephard dans The New Republic, il estime que la Premier League a longtemps choisi de détourner le regard, tant le club brillait et tant l'argent coulait à flots. Il y voit un exemple du « sportswashing », cette stratégie d'influence par le sport qu'il prête aussi au Qatar, propriétaire du Paris Saint-Germain, ou à l'Arabie saoudite. Les investissements d'Abu Dhabi étant profondément ancrés dans les économies occidentales, sanctionner lourdement le club pourrait avoir de larges répercussions, ce qui expliquerait, selon lui, la prudence du gouvernement britannique.

Au-delà du football, Andrew O'Hehir dénonce un cynisme collectif face aux inégalités et à la concentration du pouvoir, auquel chacun participe en continuant de regarder. Lui-même le reconnaît : il suivra quand même le prochain match de City. Une tribune engagée, qui pose une question dépassant les stades et qui prolonge les réflexions sur l'affaiblissement des démocraties occidentales.





Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/98402517/manche...