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Maroc-Espagne : Bourita redresse les faits sur la crise migratoire de Ceuta


Le Lundi 28 Septembre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Jeudi 24 septembre, à New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a tenu des propos fermes en réponse aux accusations de responsables politiques espagnols concernant la récente crise migratoire à Ceuta. Cette prise de position intervient alors que plus de 70 000 personnes ont rejoint l'enclave espagnole au cours des dernières semaines, ravivant les tensions entre Rabat et Madrid.



Le chef de la diplomatie marocaine a d'abord rappelé les efforts considérables déployés par le Maroc dans la lutte contre le trafic d'êtres humains. Durant les quatre dernières années, Rabat a procédé au démantèlement de 8 000 cellules de trafiquants et interdit 14 000 tentatives de migration clandestine, dont 80 spécifiquement dirigées vers Ceuta. Ces chiffres visent à démontrer la bonne foi marocaine dans le contrôle de ses frontières et sa détermination à coopérer avec l'Europe sur cette question sensible.


Cependant, Bourita s'est montré tranchant sur la question de la responsabilité. Il a clairement affirmé que si les migrants et les mineurs non accompagnés n'ont pas été renvoyés, c'est aux autorités espagnoles qu'il incombe de répondre. Selon lui, les retards sont dus à des « controverses, obstacles et difficultés du côté espagnol ». Cette position marocaine contredit directement les affirmations de responsables politiques espagnols, dont le chef du gouvernement Pedro Sánchez, qui ont imputé l'ampleur de la crise au relâchement du contrôle marocain de la frontière.


Au-delà de l'échange sur les responsabilités respectives, Bourita a critiqué le ton des débats politiques en Espagne. Il a notamment déclaré que le partenariat entre les deux pays « ne se fait pas par l'intimidation, par la menace, par le chantage ». Le ministre a dénoncé le fait que certains acteurs politiques espagnols « ne connaissent pas la valeur » du partenariat bilatéral, « n'ont pas la meilleure mesure de la valeur de ce partenariat », et « n'ont aucune connaissance de la question migratoire et de sa gestion ».


Malgré la fermeté de son ton, Bourita s'est montré constructif en réaffirmant que les relations entre Rabat et Madrid « sont et resteront » fondées sur la Déclaration conjointe d'avril 2022. Ce texte, adopté à l'issue des discussions entre le Roi Mohammed VI et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, avait marqué une nouvelle étape dans les relations bilatérales après la crise diplomatique de 2021. Le minister marocain a insisté sur l'importance du respect mutuel, du dialogue et de la recherche de solutions communes, plaidant pour une approche basée sur le dialogue plutôt que sur la surenchère politique.


Cette déclaration de Bourita intervient dans un contexte où la crise migratoire à Ceuta expose les tensions sous-jacentes dans les relations maroco-espagnoles. Au-delà des flux migratoires, des enjeux géopolitiques plus larges sont en jeu, y compris le positionnement régional des deux pays en Afrique du Nord et leurs rapports avec d'autres acteurs régionaux. La position du Maroc reste claire : la coopération migratoire s'inscrit dans un cadre de partenariat égalitaire, fondé sur le respect mutuel et non sur des rapports de force ou de domination. L'entretien de Bourita avec son homologue espagnol José Manuel Albares jeudi à New York suggère toutefois que les deux gouvernements maintiennent les canaux du dialogue malgré les tensions publiques.




Source : https://lemag.articlophile.net/blog/i/98173379/mar...