Articlophile
Votre veille sélective

Ni doute performé, ni certitude blindée : ce que Cicéron peut apprendre au bon sceptique


Le Lundi 28 Septembre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Un essai publié par Aeon revient sur la figure de Cicéron pour proposer une méthode encore utile aujourd'hui : tenir des convictions fermes sans jamais les déclarer définitivement certaines.



L'auteur rappelle que Cicéron a lui-même forgé une bonne partie du vocabulaire philosophique latin, qui a ensuite irrigué la pensée européenne, et qu'il testait ses idées non pas dans l'isolement d'un cabinet d'étude mais directement devant les tribunaux et le Sénat, jusqu'à en payer le prix ultime. De cette pratique, il tire le concept de probabilia : une opinion peut être suffisamment solide pour être défendue et pour guider l'action, sans pour autant prétendre à une certitude absolue.


L'auteur en tire une distinction utile pour notre époque : le sceptique authentique révise son jugement lorsque des preuves solides le contredisent, tandis que le simple contrariant déplace les critères, invente de nouvelles objections ou ignore ce qu'il ne peut expliquer, tout en sélectionnant les études qui l'arrangent — un doute de façade qui ferme le débat plutôt que de l'ouvrir. À l'inverse, une certaine forme de scientisme commettrait l'erreur symétrique en exigeant une certitude totale comme condition d'entrée dans toute discussion sérieuse. Entre ces deux excès, la méthode cicéronienne offrirait une voie médiane : croire suffisamment fort pour agir, tout en restant assez humble pour changer d'avis.





Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/98161488/cicero...