En avril 2025, l'auteur d'un article publié par Designboom pénètre dans un entrepôt de Brooklyn où l'artiste Cj Hendry invite le public à grimper sur « Keff Joons », un enchevêtrement gonflable de six mètres de haut, sans filet ni rambarde. L'expérience, dit-il, comptait parmi les rares œuvres d'art à procurer un frisson authentique.
Ce décalage entre ce que l'on sait rationnellement (l'atterrissage serait probablement amorti) et ce que l'on ressent physiquement correspond à ce que des chercheurs appellent le « jeu à risque » : une activité physique excitante impliquant une incertitude réelle ou perçue. Une étude de 2024 publiée dans Planning Theory & Practice associe ce type de jeu, chez les enfants, à de meilleures compétences d'évaluation du risque et à davantage de confiance en soi — un principe qui, selon l'auteur, vaudrait à tout âge.
Il retrouve cette même sensation en 2022 sur « Free the Air », l'installation de Tomás Saraceno au Shed à New York, où les visiteurs évoluaient sur un filet suspendu de près de trente mètres censé reproduire le monde sensoriel d'une araignée : chaque pas d'un visiteur se propageait en vibrations jusqu'aux autres, créant une solidarité inattendue entre inconnus qui s'avertissaient mutuellement des faux pas.
Par contraste, beaucoup d'installations dites « interactives » — balançoires démesurées, piscines à balles géantes — se limiteraient à un simple décor à selfies, sans réelle marge de manœuvre pour le visiteur. L'auteur cite en exemple le pavillon modulable « Risky Playground » de Sven Pfeiffer au Kyoto Art Center, conçu pour permettre des formes de jeu habituellement bannies de l'espace public japonais, comme un contre-modèle à l'interaction creuse.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97626689/art-pu...
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