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Pourquoi si peu d'installations d'art public sont vraiment grisantes


Le Jeudi 13 Août modifié le Mardi 30 Novembre


              

En avril 2025, l'auteur d'un article publié par Designboom pénètre dans un entrepôt de Brooklyn où l'artiste Cj Hendry invite le public à grimper sur « Keff Joons », un enchevêtrement gonflable de six mètres de haut, sans filet ni rambarde. L'expérience, dit-il, comptait parmi les rares œuvres d'art à procurer un frisson authentique.



Ce décalage entre ce que l'on sait rationnellement (l'atterrissage serait probablement amorti) et ce que l'on ressent physiquement correspond à ce que des chercheurs appellent le « jeu à risque » : une activité physique excitante impliquant une incertitude réelle ou perçue. Une étude de 2024 publiée dans Planning Theory & Practice associe ce type de jeu, chez les enfants, à de meilleures compétences d'évaluation du risque et à davantage de confiance en soi — un principe qui, selon l'auteur, vaudrait à tout âge.


Il retrouve cette même sensation en 2022 sur « Free the Air », l'installation de Tomás Saraceno au Shed à New York, où les visiteurs évoluaient sur un filet suspendu de près de trente mètres censé reproduire le monde sensoriel d'une araignée : chaque pas d'un visiteur se propageait en vibrations jusqu'aux autres, créant une solidarité inattendue entre inconnus qui s'avertissaient mutuellement des faux pas.


Par contraste, beaucoup d'installations dites « interactives » — balançoires démesurées, piscines à balles géantes — se limiteraient à un simple décor à selfies, sans réelle marge de manœuvre pour le visiteur. L'auteur cite en exemple le pavillon modulable « Risky Playground » de Sven Pfeiffer au Kyoto Art Center, conçu pour permettre des formes de jeu habituellement bannies de l'espace public japonais, comme un contre-modèle à l'interaction creuse.




Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97626689/art-pu...