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Syndrome de la page blanche ? La romancière Amy Fusselman conseille d'aller au théâtre


Le Jeudi 15 Octobre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Comment écrire quelque chose de vraiment neuf quand on ne peut produire, au fond, que ce que l'on a déjà absorbé ? C'est la question qui hante l'autrice américaine Amy Fusselman. Dans un texte publié par Literary Hub dans sa lettre consacrée au métier d'écrire, elle livre une réponse inattendue : aller au théâtre, souvent.



Son point de départ est une théorie du médecin ORL français Alfred Tomatis, selon laquelle la voix ne peut produire ce que l'oreille n'entend pas. Transposée à la création, l'idée inquiète : l'écrivain risquerait de tourner en vase clos, dans les limites de ce qu'il a déjà lu et vu. Pour débusquer ces « zones mortes », ces idées reçues dont on n'a pas conscience, Amy Fusselman a pris l'habitude d'étudier un autre art.

Le théâtre présente selon elle plusieurs avantages. Là où un livre demande des jours ou des semaines, une représentation offre en moins de trois heures une vision aboutie de l'intrigue, des personnages, du dialogue et du décor. La salle elle-même est instructive : un public ne ment pas, et observer ses réactions en direct apprend beaucoup à qui raconte des histoires. Surtout, elle s'y rend en élève, curieuse et ouverte, une attitude qu'elle rapporte ensuite dans ses lectures.

Cette pratique l'a aidée, dit-elle, à se poser des questions plus fécondes, comme celle de savoir si un roman est une forme de performance, et à construire avec plus d'audace l'univers de son nouveau roman, Cloud Six. Elle reconnaît habiter à New York, dans une rue qui compte trois petites salles indépendantes. Mais son conseil vaut partout : étudier une forme d'art que l'on aime et qui n'est pas l'écriture, pour élargir ce que sa propre « oreille » peut entendre.





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