En direct à l’antenne, Charles Consigny a lancé: « J’aimerais qu’on aille libérer Christophe Gleizes en Algérie. » La séquence, relayée par un clip largement partagé, a été comprise comme l’esquisse d’une logique de « commando ». « La phrase a claqué, et avec elle l’idée qu’on puisse substituer la force à la voie diplomatique », résume un proche du dossier.
L’appel vise le cas de Christophe Gleizes, journaliste français détenu en Algérie et poursuivi pour des faits qualifiés de « glorification du terrorisme » et de « publications portant atteinte à l’intérêt national ». Des mentions d’une peine de sept ans circulent, mais ce point n’a pas fait l’objet d’une confirmation publique et indépendante à ce stade; la prudence s’impose. « La place d’un journaliste n’est pas en prison », rappellent des organisations de défense de la presse; Reporters sans frontières dénonce « l’usage de qualifications extensives qui criminalisent le travail d’information » et appelle à la libération du journaliste.
En introduisant l’idée d’une opération de force, Consigny déplace le débat hors du cadre habituel des pressions diplomatiques et des voies de droit. « Suggérer une extraction envoie un signal périlleux à un pays pour lequel la souveraineté est une ligne rouge », estime un observateur, soulignant la charge mémorielle des relations franco‑algériennes. L’analogie implicite avec des scénarios d’intervention extérieure installe l’Algérie en « théâtre potentiel », ce qui nourrit un réflexe de rejet dans l’opinion.
Côté algérien, l’affaire est présentée comme relevant strictement de la loi nationale. Les autorités invoquent la lutte contre le terrorisme et la protection de la sécurité nationale, en renvoyant au cadre légal en vigueur; des informations institutionnelles sont accessibles via le site du ministère de la Justice (mjustice.dz). « Il s’agit d’un dossier judiciaire interne, à respecter dans ses formes et ses délais », fait-on valoir dans ce registre, où tout appel à une solution militaire est perçu comme une atteinte à la souveraineté.
En France, la sortie de Consigny réactive une tension ancienne entre défense des libertés et tentation de la démonstration de force. « Il faut tout mettre en œuvre pour sa libération, mais dans le respect du droit et des partenaires », plaide un responsable associatif, quand d’autres, plus offensifs, saluent « un parler vrai » qui bouscule l’inertie. Le débat se cristallise ainsi sur une ligne de crête: comment défendre un journaliste poursuivi pour des infractions de parole sans alimenter l’idée d’un droit d’ingérence?
Au‑delà des postures, l’affaire Gleizes devient un test de méthode. Les citations s’accumulent — « J’aimerais qu’on aille libérer Christophe Gleizes » d’un côté, « la place d’un journaliste n’est pas en prison » de l’autre — sans que se dessine, pour l’heure, une voie claire. Entre impératif de souveraineté et exigences de liberté, l’équation reste ouverte, et chaque mot prononcé en public pèse désormais sur la recherche d’une issue.
Source : https://lemag.articlophile.com/blog/i/93591997/alg...






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