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Washington met en scène 250 ans d’alliance avec le Maroc et resserre son pilotage du dossier saharien


Le Jeudi 8 Janvier modifié le Mardi 30 Novembre



Selon Jeune Afrique, la réception donnée le 7 janvier dans la Kennedy Caucus Room du Congrès américain a réuni environ deux cents personnes — élus des deux partis, officiers, diplomates, entrepreneurs et membres de la diaspora. La commémoration des 250 ans de relations entre Rabat et Washington a été présentée par Youssef Amrani comme l’aboutissement d’un lien construit dans la durée, fondé sur la loyauté et le respect, et désormais arrimé à des dossiers actuels, notamment la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara.



D’après la même source, plusieurs élus américains ont relayé ce message sur un mode bipartisan. Le républicain Tim Sheehy a situé le Maroc parmi les premiers soutiens de la jeune République dès 1777 et a plaidé pour un investissement accru dans les alliances jugées vitales en période d’incertitude. Le démocrate Tim Kaine a indiqué que la relation devait encore gagner en importance. Le représentant Jimmy Panetta a, pour sa part, décrit des liens de grande qualité aux plans diplomatique, militaire et économique. L’ensemble des interventions a cadré la relation comme un levier opérationnel plutôt qu’un héritage figé.

S’agissant du dossier saharien, Jeune Afrique rapporte qu’il a constitué un fil rouge des échanges. Contrairement à l’idée d’un processus gelé depuis l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2 797 du Conseil de sécurité, la dynamique se serait déplacée à Washington. L’administration américaine assumerait un rôle plus direct, la résolution consacrant l’autonomie comme option la plus réaliste et écartant durablement l’hypothèse référendaire, tandis que le département d’État chercherait à cadrer des négociations moins tributaires des formats multilatéraux habituels.

Toujours selon Jeune Afrique, cette inflexion s’inscrit dans une lecture régionale plus large : sécurisation du flanc sahélien, compétition d’influence avec la Chine et la Russie, consolidation des architectures issues des accords d’Abraham et protection de corridors atlantiques autour du futur port de Dakhla. L’objectif américain serait de stabiliser l’environnement stratégique dans un calendrier resserré par les échéances politiques de 2026, plutôt que de poursuivre une solution idéale mais incertaine.

Dans ce contexte, Rabat avancerait avec un capital politique consolidé à Washington — coopération militaire structurée, accord de libre-échange unique en Afrique, relais économiques et législatifs d’une diaspora active — et une diplomatie incarnée par Youssef Amrani, qui revendique la constance du partenariat maroco-américain. À l’inverse, Alger apparaîtrait en retrait, entre réticences sur les formats de négociation, difficulté à peser sur l’agenda américain et prudence dans un environnement instable. La controverse autour de la réélection de Nicolás Maduro fin 2024 illustrerait, selon la publication, la volatilité des alignements, alors que Washington trancherait de plus en plus selon des critères d’efficacité et de loyauté.

Jeune Afrique conclut que la réception du 7 janvier a fait office de signal politique : le Sahara est désormais traité à Washington comme un enjeu de stabilité régionale et de projection stratégique américaine, avec un pilotage plus affirmé des États-Unis et une diplomatie marocaine en ordre de marche.




Source : https://sahra.articlophile.com/sahara/i/93590908/w...