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Le Maroc consolide son positionnement de futur hub régional des énergies renouvelables et de l’export d’électricité verte vers l’Europe, dans un contexte où Rabat continue de mixer investissements nationaux et attractivité vis-à-vis des partenaires européens. D’après le quotidien espagnol AS, le Royaume disposait fin 2025 de 5,5 GW de capacités renouvelables opérationnelles, soit 45,4% de la puissance électrique installée, dont 2,1 GW hydroélectriques, 2,4 GW éoliens et 961 MW solaires. Cette montée en puissance s’appuie sur des projets structurants comme Noor Midelt II et III et un complexe de 800 MW combinant photovoltaïque et solaire à concentration. Le Maroc vise une part de 52% de renouvelables dans la capacité installée à l’horizon 2030, objectif que la source espagnole juge atteignable si le rythme actuel d’investissement se maintient. En parallèle, des projets d’hydrogène vert et de dérivés (ammoniac, acier vert, combustibles industriels) représentant 32,5 milliards de dollars d’investissements approuvés renforcent la stratégie d’export d’énergie propre vers l’Europe via le détroit de Gibraltar.
Dans les Régions
Casablanca – logistique lourde
Le Port de Casablanca a réussi une opération de manutention hors norme en déchargeant une turbine à gaz de 495 tonnes et son générateur de 405 tonnes, arrivés à bord du navire KRASZEWSKI au Terminal Polyvalent de Somaport, pour le compte de l’ONEE. Ces équipements sont destinés à une future centrale électrique à cycle combiné au barrage Al Wahda, illustrant la capacité du premier port du Royaume à traiter des cargaisons industrielles complexes tout en consolidant son rôle de porte d’entrée des grands projets énergétiques nationaux.
Laâyoune – dromadaire & bioéconomie
Dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, la filière cameline se transforme en laboratoire de bioéconomie locale, portée par l’Institut africain de recherche en agriculture durable (ASARI) relevant de l’UM6P à Foum El Oued. Les équipes travaillent sur la valorisation du lait de chamelle (yaourts, fromages, mélanges avec lait de vache pour la viabilité économique), la graisse de bosse « Daroua » (jusqu’à un prototype de chocolat), ou encore l’extraction de gélatine à partir des os de dromadaire, en lien direct avec des coopératives comme Lamsila à Boujdour.
Dakhla – excellence scolaire
À Dakhla-Oued Eddahab, Abderrahmane Benhaddou, élève en sciences économiques au lycée technique Lalla Khadija, a obtenu 19,14/20 au baccalauréat, meilleure moyenne de la région. Sur 1 826 candidats ayant passé l’examen national unifié, 1 165 ont été admis, soit un taux de réussite de 63,80%, confirmant la montée en visibilité des profils d’excellence dans les régions du Sud.
Éco & Business
Sur le front énergétique, le Maroc joue simultanément la carte électricité verte, gaz et nucléaire civil pour consolider son modèle de mix diversifié. Le volet nucléaire se renforce avec l’accueil, via le CNESTEN, de la 37e réunion du groupe de travail technique des coordonnateurs nationaux de l’AFRA (15–19 juin), qui réunit les représentants de 49 États africains autour des projets 2026–2027 et 2028–2029 en science et technologies nucléaires. L’Afrique compte aujourd’hui 39 centres régionaux d’excellence, dont six au Maroc, ce qui positionne le Royaume comme plateforme de formation et de transfert de compétences nucléaires appliquées à la santé, l’agriculture, l’eau, l’énergie et l’industrie.
Côté aérien, Royal Air Maroc revendique un rôle de leader stratégique pour l’interconnexion du ciel africain, comme l’a rappelé Abdelhamid Addou lors de l’AFCAC Expo 2026 à Lomé. La compagnie met en avant le hub de Casablanca comme pivot du Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA), tout en appelant à une harmonisation réglementaire et à une baisse des taxes aériennes pour libérer le potentiel de croissance du trafic intra-africain.
Sur les relations extérieures, l’ambassadeur des Philippines à Rabat, Leslie Baja, souligne que les 50 ans de relations diplomatiques Maroc–Philippines constituent un socle à valoriser, avec une hausse d’environ 50% des échanges commerciaux ces dernières années, même si les volumes restent jugés en-deçà du potentiel. Les Philippines comptent parmi les principaux importateurs de phosphate marocain, tandis que le Maroc est perçu comme porte d’entrée vers l’Afrique et l’Europe, dans le prolongement de l’accord de partenariat sectoriel Maroc–ASEAN conclu en 2023 et de l’Initiative Royale Atlantique en faveur de l’accès des États du Sahel à l’Atlantique.
Culture & Société
Casablanca se prépare à accueillir, du 4 au 9 juillet, la 38ᵉ édition du Festival international du théâtre universitaire de Casablanca (FITUC) sous le thème du théâtre universitaire comme espace d’interaction des jeunesses méditerranéennes et atlantiques. Porté par la Faculté des lettres Ben M’Sik de l’Université Hassan II, le festival se présente comme un laboratoire de diplomatie culturelle qui réunit des troupes d’Italie, Espagne, Arménie, Égypte, Tunisie, Palestine, ainsi que plusieurs institutions universitaires marocaines (ISADAC, ENCG Casablanca, universités de Fès et Tanger…).
À Tanger, le festival Tanjazz fera son retour du 18 au 20 septembre pour sa 23ᵉ édition, après une pause en 2025, avec une affiche qui assume une approche plurielle du jazz entre swing, funk, flamenco et grooves africains. Les organisateurs annoncent déjà Rodrigo y Gabriela et Diego El Cigala au Palais des Institutions Italiennes, dans un format qui combine concerts payants, scènes gratuites en ville, cours de danse et dispositifs d’accueil pensés pour l’attractivité urbaine.
Sur le terrain scolaire, la performance d’Omar Dahab, élève d’un établissement privé à Casablanca, illustre le haut du panier de l’excellence nationale avec une moyenne de 19,76/20, meilleure note du baccalauréat 2026 au niveau du Royaume. Dans la région Casablanca-Settat, 61 580 élèves scolarisés ont été admis à la session ordinaire, soit un taux de réussite de 65,79%, ce qui confirme le rôle des grands pôles urbains dans la production de profils très compétitifs pour les filières de médecine et d’ingénierie qu’il envisage.
Enfin, sur le terrain sportif, les Lions de l’Atlas continuent de nourrir les ambitions du pays au Mondial 2026. Après un nul 1–1 salué face au Brésil, les hommes de Mohamed Ouahbi affrontent aujourd’hui l’Écosse dans un match clé du groupe C, les deux équipes pouvant se rapprocher de la qualification en cas de victoire. Entre un Maroc porté par un jeu technique moderne et une Écosse plus directe et physique autour de cadres comme Scott McTominay, Andrew Robertson et John McGinn, l’enjeu est à la fois tactique et symbolique, presque 28 ans après le 3–0 des Marocains à France 98.
Bon week-end, reste curieux 🔥
À lundi,
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97028111/articl...






Articlophile — Revue de presse · Éd. 49 : Maroc, diplomatie Sahara et virage africain