Le 30 juillet dernier, le représentant démocrate Josh Gottheimer (New Jersey) et son collègue républicain Ronny Jackson (Texas) ont déposé une proposition de loi exhortant le secrétaire d'État à mener une évaluation approfondie des relations du Front polisario avec le régime iranien — livraisons de drones, soutien militaire et renseignement —, avant d'envisager son inscription sur la liste des organisations terroristes étrangères, rapporte Le360. Le texte a immédiatement recueilli six signatures d'appui, à parts égales entre les deux camps politiques.
« Pendant trop longtemps, l'Iran et ses proxies terroristes, comme le Hezbollah, ont utilisé le Front polisario pour projeter l'instabilité en Afrique de l'Ouest », a déclaré Ronny Jackson, insistant sur la nécessité pour l'administration d'enquêter sur ces réseaux et de les démanteler. Josh Gottheimer a de son côté souligné la gravité de la situation : « Quand un groupe reçoit des drones et des armes du Corps des gardiens de la révolution islamique et se coordonne avec des groupes soutenus par l'Iran, nous devons le nommer pour ce qu'il est : une organisation terroriste. Faire face à l'Iran et à ses proxies n'est pas une question partisane. »
Cette initiative consolide une offensive parlementaire déjà engagée sur deux fronts. À la Chambre, un projet de loi équivalent porté par le républicain Joe Wilson a rassemblé 16 co-parrains, dont les adhésions récentes de Scott DesJarlais, figure conservatrice influente, et de Matt Van Epps, ancien commandant des opérations spéciales. Le texte cible explicitement les livraisons de drones iraniens au Polisario, le partage de renseignement et la coopération militaire dans la zone sahélo-saharienne.
Au Sénat, le projet de loi S. 4063, porté par Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, a récemment recueilli le soutien du sénateur David McCormick, quatrième co-parrain de poids. Ce texte impose un mécanisme contraignant : si la coopération entre les milices de Tindouf et Téhéran est confirmée, le secrétaire d'État devra appliquer automatiquement des sanctions financières, un gel des avoirs et une interdiction de voyager.
Cette offensive législative survient alors que le processus politique parrainé par l'ONU se heurte à une impasse. La communauté internationale a acté la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui consacre l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine comme solution au différend. Washington est parvenu à réunir les quatre parties au conflit, dont l'Algérie, autour de la table des négociations — mais le Front polisario s'enferme dans une posture d'obstruction, entre crainte de voir s'effacer sa représentativité et ses acquis rentiers, et ambiguïté de la position algérienne, qui cherche à éviter une confrontation directe avec Washington tout en maintenant des leviers de pression indirects.
Cette intransigeance accentue l'isolement du Front polisario, alors que Washington explore des canaux représentatifs alternatifs dans l'espace saharien, à l'image du Mouvement sahraoui pour la paix, dont la direction a récemment été reçue par l'ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz. Le Congrès poursuit, en parallèle, l'élaboration d'instruments juridiques susceptibles de redéfinir le statut de tout acteur dont les liens sécuritaires et financiers avec l'Iran seraient avérés.
Source : https://sahra.articlophile.net/sahara/i/97591106/p...
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