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Ces « presque amis » du quotidien qui nous font tant de bien


Le Vendredi 14 Août modifié le Mardi 30 Novembre


              

Devait-il renouveler son abonnement annuel à la salle de sport où il est inscrit depuis quinze ans ? Le prix avait augmenté et il avait déménagé un peu plus loin. Pourtant, en envisageant de résilier, le journaliste scientifique Christian Jarrett raconte dans Psyche avoir ressenti un pincement inattendu au cœur en pensant à tous les visages familiers qu'il croise là-bas depuis des années - moniteurs, employés du café, autres abonnés - sans qu'aucun d'eux ne soit vraiment devenu un ami.



C'est sa femme qui lui a donné les mots pour comprendre cette émotion. En écoutant une émission de la BBC consacrée à la gastronomie coréenne, elle est tombée sur le concept de « jeong », décrit par l'invité Rollin Lee comme une forme d'attachement qui se construit lentement, semblable à celui qu'on peut ressentir pour la caissière du magasin du coin qu'on croise chaque jour.


La science confirme cette intuition. Une étude de 2013 publiée dans le Personality and Social Psychology Bulletin montre que ces « liens faibles » favorisent la bonne humeur et un sentiment d'appartenance. Dès 2009, l'ouvrage Consequential Strangers de Melinda Blau et Karen L. Fingerman défendait déjà l'importance de ces relations périphériques, trop souvent négligées au profit des amitiés « officielles ».


Ce matin-là encore, Christian Jarrett a croisé deux de ses « presque amis » à la salle, le temps d'un éclat de rire partagé avant le cours, en pleine vague de chaleur. De quoi le convaincre : il a finalement renouvelé son abonnement.




Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97667771/ces-pr...