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Ceuta : une barrière flottante de 500 mètres redessine la frontière du Tarajal


Le Dimanche 2 Août modifié le Mardi 30 Novembre


              

À Ceuta, le dispositif de contention maritime a changé de visage. Les autorités espagnoles ont lancé samedi l'installation d'une barrière pneumatique de 500 mètres qui prolonge l'épi du Tarajal vers la mer, un ouvrage pensé moins pour empêcher les traversées à la nage que pour faire entrer ces passages dans le cadre fixé par la nouvelle doctrine du Tribunal suprême sur les refoulements immédiats à la frontière, selon Ceuta al Día.



Le chantier a démarré à 7h50, au lendemain de l'annonce de la mesure par le président du gouvernement Pedro Sánchez lors de sa visite dans la ville, en pleine crise migratoire liée à l'arrivée de dizaines de milliers de personnes depuis le Maroc.


Une structure de 500 mètres, deux lignes de défense
La Délégation du gouvernement a détaillé les caractéristiques du dispositif : une barrière pneumatique de 500 mètres, dont la partie visible s'élève entre 30 et 70 centimètres au-dessus de l'eau, tandis que sa partie immergée descend jusqu'à un mètre de profondeur. Une première ligne de bouées fournie par la Marine vient compléter l'installation, un couloir intermédiaire étant réservé aux embarcations de la Garde civile chargées d'en assurer la surveillance permanente.


Combler un vide juridique créé par le Tribunal suprême
La mesure répond à une jurisprudence fixée il y a trois semaines par le Tribunal suprême, selon laquelle le refoulement immédiat ne s'applique qu'aux personnes franchissant un obstacle physique de contention, comme une clôture. Ce critère excluait de fait une grande partie des entrées enregistrées ces derniers jours à Ceuta, où des milliers de personnes avaient atteint la ville en contournant l'épi par l'eau, sans franchir aucun obstacle matériel.


En ajoutant un élément matériel à franchir, le gouvernement espagnol entend faire entrer ces traversées dans le champ d'application de la décision du Tribunal suprême et faciliter l'exécution des refoulements en frontière.


Une réponse politique assumée
Lors de sa venue à Ceuta vendredi, Pedro Sánchez avait indiqué que l'exécutif avait chargé la Société de sauvetage et de sécurité maritime (SASEMAR), en coordination avec la Marine et la Garde civile, d'installer une barrière de contention visant à donner effet à la décision judiciaire et à faciliter, sur le plan administratif, le rapatriement à la frontière. Il n'a pas exclu de nouvelles adaptations légales si la situation migratoire l'exigeait.


Cette installation constitue la modification la plus importante de l'épi du Tarajal depuis le renforcement des dispositifs de sécurité à la frontière maritime. Elle ne remplace pas la surveillance de la Garde civile ni n'empêche à elle seule les tentatives de passage, mais introduit un nouvel obstacle physique destiné, selon le gouvernement, à permettre l'application des refoulements prévus par la législation en vigueur.




Source : https://lemag.articlophile.net/blog/i/97556308/ceu...