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CitaMag #203


Le Lundi 21 Septembre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Bonjour et bienvenue dans cette 203ᵉ édition de CitaMag ! Entre dialogue islamo-chrétien autour du soufisme, mémoire littéraire de Marrakech et de Tanger, usurpation par l'IA et vertiges de la retraite, voici la sélection du jour.





Ce que le soufisme doit aux prêtres catholiques

Un colloque organisé début juin à l'Institut dominicain d'études orientales du Caire a exploré une généalogie surprenante : celle des religieux catholiques qui ont consacré leur vie à l'étude de la mystique islamique. De Louis Massignon à Giuseppe Scattolin, ces chercheurs ont vu dans le soufisme « une porte d'accès privilégiée » à la civilisation islamique. La rencontre a réuni une centaine de participants, dont de nombreux enseignants et étudiants de l'université Al-Azhar, autour de figures comme Christian de Chergé, prieur de Tibhirine connu pour son dialogue avec une confrérie soufie locale. Elle a aussi mis en lumière la réception, côté musulman, de ces travaux, à travers des intellectuels égyptiens qui ont réactivé la philosophie néoplatonicienne à la lumière du soufisme.

Martino Diez, Oasis





Marrakech, ville-poème de Yassin Adnan

Dans un essai consacré à l'écrivain marocain Yassin Adnan, le chercheur Alexander Elinson revient sur ce que Marrakech doit à sa plume : une ville lue comme un texte vivant, fait de contrastes. Adnan y décrit sa ville comme « la capitale du tourisme, la ville de la joie et de la tristesse », entre destination touristique mondiale et refuge pour les migrants d'Afrique subsaharienne. Parcourir Marrakech à travers son œuvre revient, selon Elinson, à traverser son histoire politique, culturelle et littéraire à la fois. L'auteur y voit une géographie sentimentale autant qu'une chronique sociale du Maroc contemporain.

Alexander Elinson, Asymptote





Tanger, ville de tous les étrangers

Dans « Les Loups de Tanger » (Calmann-Lévy), l'historien Jacques de Saint-Victor replonge dans l'histoire trouble de la ville internationale, creuset de trafics et de destins déracinés. Il convoque une phrase de Dostoïevski pour dire ce sentiment d'exil permanent que la ville a longtemps cultivé chez ceux qui s'y échouaient : « tout m'était étranger ». Tanger, statut international oblige, a longtemps vécu de cette porosité entre les mondes, attirant autant les aventuriers que les marginaux. Le livre retrace cette mémoire trouble, entre nostalgie et fascination.

Jacques de Saint-Victor, Les Loups de Tanger (Calmann-Lévy)





Quand l'IA vole la signature d'un écrivain

L'écrivain français Julien Blanc-Gras a découvert sur Amazon un livre qu'il n'a jamais écrit, mais signé de son nom : un guide de voyage à l'évidence généré par une intelligence artificielle. Dans une tribune au Monde, il dénonce une étape franchie dans l'usurpation numérique, l'IA pouvant désormais « s'approprier nos voix, nos images et nos noms ». Après son signalement, l'ouvrage a été retiré d'Amazon mais reste en vente sur d'autres plateformes, américaines, danoises et sud-coréennes. Pour l'auteur, cette affaire illustre une époque où l'origine même des œuvres devient incertaine.

Julien Blanc-Gras, Le Monde (via h24info)





Le jour où plus rien n'a eu de sens

Une étude relayée par Harvard s'est penchée sur les retraités les plus malheureux à 70 ans, et le constat surprend : ce ne serait pas l'inactivité qui pèse, mais la perte d'un repère identitaire construit sur des décennies. Pendant trente-cinq ans, l'une des personnes suivies avait tenu un poste qui ne lui ressemblait pas vraiment, en se répétant « plus tard ». Le jour où tout s'est arrêté, le malaise n'a pas disparu : il a seulement perdu la cause à laquelle il pouvait encore s'accrocher. Les premiers mois qui suivent le départ prennent alors une forme plus longue, et surtout plus vide.

Guillaume Servant, Psychologies





Ce qui distingue vraiment une entreprise

Pour clore cette édition, une définition intemporelle du marketing par l'homme d'affaires américain Jay Abraham : faire percevoir à ses clients un avantage réellement supérieur à celui de tout concurrent, voilà « l'essence » de toute proposition de valeur unique. Une formule qui a peu vieilli depuis sa parution, et qui vaut aussi bien pour une entreprise que pour une ligne éditoriale.

Jay Abraham, Getting Everything You Can Out of All You've Got












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Merci de nous avoir lus, et belle journée à vous ! On se retrouve très vite pour une nouvelle sélection.




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