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CitaMag #205


Le Jeudi 24 Septembre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Bonjour et bienvenue dans cette 205ᵉ édition de CitaMag ! Entre mythe colonial du « sauvetage », mémoire des rêves, littérature marocaine, dystopie visionnaire et art du repos, voici la sélection du jour.





Sauver les femmes musulmanes : un vieux prétexte colonial

Une analyse publiée par Middle East Eye rappelle que l'idée de « sauver » les femmes musulmanes n'a rien de nouveau. Le pouvoir colonial s'est souvent justifié en invoquant la civilisation : les sociétés colonisées étaient décrites comme arriérées, leurs hommes comme barbares et leurs femmes comme opprimées. L'intervention impériale pouvait ainsi être présentée comme un sauvetage moral plutôt que comme une simple domination. Une mise en perspective historique qui invite à regarder d'un œil critique les discours qui mobilisent encore la cause des femmes pour justifier des interventions extérieures.

Middle East Eye





Se souvenir de ses rêves : ce que dirait le cerveau au repos

Pourquoi certaines personnes se rappellent-elles leurs rêves avec précision, alors que d'autres les oublient dès le réveil ? Une étude relayée par Psychologies associerait cette capacité à un trait plus développé que chez les autres. Grâce à la neuro-imagerie, les chercheurs ont mesuré l'activité cérébrale de participants au repos, en éveil calme et sans tâche particulière. Chez les personnes qui se souviennent souvent de leurs rêves, ils observent « une connectivité fonctionnelle significativement plus élevée » au sein du réseau du mode par défaut, celui qui s'active lors de la rêverie, de la divagation mentale et de la pensée spontanée.

Andréa Lepage, Psychologies





Khaïr-Eddine, la rage de dents : la fiction contre l'oubli

Dans « Khaïr-Eddine, la rage de dents », Abderrahim Kamal choisit la fiction plutôt que la biographie pour restituer la présence d'une figure majeure de la littérature marocaine. Le récit s'ouvre dans l'église Saint-Séverin, à Paris, autour d'une question qui traverse tout le livre : comment peut-on oublier ? En multipliant les voix narratives, l'auteur évite de sanctifier l'écrivain et dépasse l'image de l'« écrivain en colère » : derrière la rage affleure une lassitude plus intime et une quête de beauté, Khaïr-Eddine disant vouloir emporter avec lui « uniquement la beauté ». Écrire y apparaît comme une nécessité existentielle, une façon de sauver de l'oubli des êtres, des paysages et des voix.

Mohamed Ali El Hairech, Hespress Français





« Paris au XXe siècle », la dystopie oubliée de Jules Verne

Dans un essai intitulé Why Spend Time Reading When You Could Be... Winning?, Elif Shafak rappelle l'existence d'un livre de Jules Verne longtemps resté méconnu, ignoré et boudé : « Paris au XXe siècle », écrit en 1863. Ce roman dystopique imagine ce que seront la France, et sans doute l'Europe entière, un siècle plus tard, dans un avenir dominé par les affaires, la technologie, la finance et le commerce. Il décrit une société industrialisée, façonnée par une mécanisation croissante et une automatisation accélérée. Un détour littéraire qui donne toute sa résonance à la question posée par le titre de l'essai : que vaut la lecture dans un monde obsédé par la performance ?

Elif Shafak





La dictature des vacances parfaites

Dans une chronique publiée par Aujourd'hui Le Maroc, Imane Kendili s'en prend à l'injonction des vacances « réussies » : plages paradisiaques, séjours incontournables, photos à l'appui. Pour elle, le temps libre lui-même est désormais soumis à la logique de la performance, au point que « le repos lui-même est évalué, comparé et exposé ». Elle oppose à cette pression une conception plus simple, nourrie de la culture marocaine, où les vacances valaient par le changement de rythme, les retrouvailles en famille et les longues conversations plutôt que par la destination. Des vacances réussies, conclut-elle en substance, ne sont pas des vacances parfaites, mais celles qui permettent d'être présent à ce que l'on vit.

Imane Kendili, Aujourd'hui Le Maroc





Faire remonter les problèmes pour mieux progresser

Pour clore cette édition, une leçon tirée de Principles, le livre de Ray Dalio : mettre en place un processus qui fait remonter les problèmes à la surface et en diagnostique les causes profondes garantit que les améliorations se poursuivent dans la durée. Une idée simple, qui vaut aussi bien pour une entreprise que pour une équipe ou un projet personnel.

Ray Dalio, Principles









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