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CitaMag #219


Le Lundi 26 Octobre modifié le Mardi 30 Novembre


              

Bonjour et bienvenue dans cette 219e édition de CitaMag ! Aujourd'hui, un voyage dans l'histoire du Maroc avec le magazine Zamane : une Antiquité longtemps oubliée, l'héritage phénicien, Larache espagnole, la médecine sous le Protectorat, la légende d'Imilchil, les souvenirs de Hamid Zoughi, mais aussi la frontière de Sebta et la question du Sahara.





Antiquité marocaine : un passé longtemps délaissé

Le magazine d'histoire Zamane part d'un constat largement partagé : l'Antiquité marocaine n'a pas reçu l'attention qu'elle mérite. Les historiens maghrébins traditionnels l'ont longtemps passée sous silence, tandis que l'historiographie coloniale française en a fait, selon la revue, « un champ de bataille pour légitimer la colonisation ». Ce n'est que récemment que les Maghrébins ont entrepris de se réapproprier cette part lointaine de leur histoire. Un chantier de mémoire autant que de recherche.

La Rédaction, Zamane




Qui sont les ancêtres des Marocains ?

Amazighs, Arabes, Sahraouis : chacun garde son parler et parfois ses coutumes, mais tous se retrouvent dans la darija et dans une même « marocanité », rappelle Zamane. De la haute préhistoire au haut Moyen Âge, le territoire a été un véritable creuset de civilisations, où les apports successifs ont fini par se fondre. C'est de cette longue fusion anthropologique et sociale qu'est né le Marocain d'aujourd'hui. Le dossier remonte le fil de ces origines pour répondre à une question simple en apparence : d'où venons-nous ?

La Rédaction, Zamane




Ce que le Maroc doit aux Phéniciens

Dans les colonnes de Zamane, l'écrivain et politologue Hassan Aourid rappelle que, dès l'Antiquité, les peuples tissaient des liens, par intérêt ou par alliance, pour prospérer ou affronter l'adversité. Les Phéniciens et les Amazighs ont connu cette phase de rapprochement, dont l'empreinte s'est étendue sur plusieurs siècles en Afrique du Nord. Pour l'auteur, l'influence phénicienne a tendance à être minimisée, alors qu'elle est « tout sauf négligeable ». Une invitation à relire les racines méditerranéennes de l'histoire marocaine.

Hassan Aourid, Zamane




Larache, la ville aux mille visages

Phénicienne puis romaine, arabe puis convoitée par les Portugais, Larache a connu un destin à part : cédée aux Espagnols en 1610, elle devient pour un siècle l'enjeu de fortifications, de trahisons et de rivalités royales, raconte Zamane. Les premières sources arabes la désignent sous le nom d'al-Ara'ish, « les treilles », en référence aux vignes qui firent sa réputation jusqu'à Tyr, Carthage ou Rome. Très tôt, la cité s'impose comme un centre commercial actif : navigable durant l'Antiquité et le Moyen Âge, le Loukkos permettait aux embarcations de remonter vers l'intérieur des terres pour commercer. L'océan restera depuis au cœur de son économie.

La Rédaction, Zamane




Fès et le docteur Cristiani, aux débuts de la médecine moderne au Maroc

L'histoire de la médecine dans l'Empire chérifien ne commence pas avec le Protectorat, souligne Zamane, mais elle connaît à partir de 1912 une nette accélération. À l'origine de cet élan, le Résident général Lyautey, qui jugeait « un médecin plus important qu'un bataillon ». C'est depuis Fès, et l'hôpital Cocard du docteur Cristiani, que s'engage cette aventure médicale chérifienne. Un épisode qui éclaire aussi la place accordée à la médecine dans le projet du Protectorat.

La Rédaction, Zamane




Quand le Maroc emprisonnait des soldats allemands

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, l'Empire chérifien, placé sous protectorat depuis peu, se retrouve entraîné malgré lui dans le conflit, rappelle Zamane. Pendant quatre ans, Paris en fait une base arrière de son effort de guerre, au point d'y envoyer des prisonniers allemands. Le magazine revient sur cet épisode méconnu, qui reste à ce jour « enveloppé de mystères ». Une page oubliée de la participation marocaine à la Grande Guerre.

La Rédaction, Zamane




Imilchil, aux sources du Moussem de l'amour

Pour comprendre le moussem d'Imilchil, Zamane distingue trois réalités : l'ancien rassemblement social appelé Agdud, les pratiques matrimoniales des Aït Hdidou et la légende d'Isli et Tislit. À l'origine, le rendez-vous n'était pas un festival des amoureux, même si l'amour, le mariage et la fête pouvaient s'y croiser. La mythologie naît avec l'histoire de deux jeunes gens issus des deux grandes fractions de la tribu, Aït Brahim et Aït Yaazza, aux rivalités anciennes autour de l'eau et des pâturages : leur amour se serait heurté à « l'interdit matrimonial ». C'est ce récit qui a progressivement fait du moussem une mythologie moderne de l'amour.

La Rédaction, Zamane




Hamid Zoughi, un demi-siècle de scène et d'écran

Il rêvait de cinéma et de Bergman, mais c'est par le théâtre de Tayeb Saddiki qu'il y est finalement parvenu. Dans un long entretien accordé à Zamane, Hamid Zoughi, enfant de la médina et du Hay Mohammadi à Casablanca, retrace son parcours : les premiers pas de Nass El Ghiwane qu'il a accompagnés, la fondation de Jil Jilala, un passage devant Hassan II, puis la réalisation de Kharboucha et Moussem Al Atach. Il évoque aussi ses années en Europe et ses petits métiers, livrant au passage des anecdotes peu connues. Le titre de l'entretien résume l'esprit d'une époque : « Nous chantions en cachant nos visages derrière les bendirs ».

La Rédaction, Zamane




Le droit de partir : ce que fabrique la frontière

Les événements de Sebta, fin juillet 2026, ont suscité émoi, indignation et polémiques, et ont surtout été lus à travers la politique, la diplomatie, les stratégies migratoires ou le désespoir d'une partie de la jeunesse. Dans une tribune publiée par Zamane, Moulim El Aroussi propose un autre regard, centré sur la frontière elle-même. Quelques mètres, observe-t-il, peuvent séparer deux espaces proches sur la carte mais infiniment éloignés sur les plans juridique, politique et économique. La frontière transforme ainsi la continuité du territoire en rupture de souveraineté, et fait du simple déplacement « un acte autorisé ou interdit ».

Moulim El Aroussi, Zamane




Sahara : « rien n'est encore joué », selon Hassan Aourid

Dans une tribune publiée par Zamane, Hassan Aourid estime que c'est le réalisme du Maroc qui lui a valu le soutien de plusieurs grands pays occidentaux, à commencer par la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité du Sahara. Pour lui, le plan d'autonomie constitue l'unique cadre de règlement, et la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en 2025, représente un acquis. Il relève au passage l'emploi ambigu du conditionnel dans ce texte, qu'il juge incongru dans le langage juridique. Cela ne saurait toutefois, selon lui, remettre en cause le bien-fondé de l'autonomie, ni dans sa lettre ni dans son esprit.

Hassan Aourid, Zamane




Pour clore, gratitude, service et responsabilité

Dans The Clock of the Long Now, consacré à la pensée du temps long, Stewart Brand rapporte la manière dont les bouddhistes zen définissent leur tâche : « gratitude infinie envers le passé, service infini au présent, responsabilité infinie envers l'avenir ». Une devise qui fait écho à cette édition tournée vers l'histoire : regarder d'où l'on vient pour mieux répondre de ce que l'on transmet.

Stewart Brand, The Clock of the Long Now







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