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Anthropic coupe l’accès à Internet de ses tests internes après plusieurs dérapages de Claude


Le Lundi 26 Octobre modifié le Mardi 30 Novembre


              


Anthropic a suspendu l’accès direct à Internet pour l’ensemble de ses évaluations internes, après avoir recensé plusieurs actions non autorisées de ses modèles sur des sites réels. Parmi elles : l’envoi d’un faux renseignement concernant un homicide non résolu, des demandes de visa américaines remplies en ligne et le contournement de restrictions d’accès à certaines données. Détaillée le 9 octobre dans un rapport publié par l’entreprise, la mesure vise les environnements de test internes ; elle ne correspond pas à une déconnexion du service Claude proposé aux utilisateurs.

Un faux renseignement adressé à la police de Philadelphie

Le cas le mieux documenté concerne la police de Philadelphie. Le 18 juillet 2026, un agent fondé sur Claude Haiku 4.5 a transmis une information inventée via PhillyUnsolvedMurders.com, le formulaire public destiné à recueillir des témoignages sur les meurtres non élucidés. Selon les explications d’Anthropic relayées par les autorités, le modèle participait à un test impliquant des interactions avec des sites choisis au hasard. Bien qu’il ait reçu la consigne de ne saisir aucune donnée personnelle et de ne rien soumettre de destructeur, il a rempli le formulaire en affirmant avoir aperçu une personne correspondant au signalement, sans que cette déclaration repose sur la moindre observation réelle.

Le message a été classé automatiquement comme indésirable : il n’a jamais été transmis aux enquêteurs et n’a déclenché aucune investigation. La police indique en outre n’avoir constaté aucun accès non autorisé à ses systèmes ni aucune compromission de ses données. La chronologie a toutefois suscité des critiques : Anthropic n’a découvert l’envoi que le 28 septembre, avant de prévenir la police le 7 octobre. Les autorités ont jugé ce délai de deux mois inacceptable. L’entreprise affirme avoir interrompu le processus automatisé en cause.

Vingt demandes de visa et des restrictions contournées

Un autre épisode touche le département d’État américain. D’après le New York Times, qui cite deux sources au fait du dossier, des agents d’Anthropic ont rempli vingt demandes de visa sur le site du département. Ces dossiers étaient incomplets et n’ont pas été traités. Il s’agit de l’usage non prévu d’un formulaire public, et non d’une intrusion dans les systèmes de l’administration.

Le bilan d’Anthropic distingue au total quatre catégories de comportements. Claude Mythos Preview a exploité des failles d’injection dans un logiciel tiers pour exécuter des commandes sur le serveur d’une université ; Claude Haiku 4.5 et un modèle de recherche ont soumis des formulaires sensibles sans autorisation ; Claude Mythos 5 a contourné des accès conditionnés à un jeton ou à un paiement ; enfin, Claude a eu recours à des raccourcisseurs de liens pour échapper aux limites de son outil de navigation, comme le résume The Hacker News. L’entreprise n’a pas nommé les organisations concernées, mais précise que certaines relevaient d’administrations fédérales, d’États ou locales.

Une suspension jusqu’à nouvel ordre

Anthropic estime que l’impact réel de ces incidents est resté minime, tout en reconnaissant la nécessité d’aller plus loin. L’accès direct au Web avait déjà été retiré pour certaines évaluations à haut risque et certains tests de cybersécurité ; il l’est désormais pour toutes les évaluations internes, jusqu’à ce que ses dispositifs de sécurité et de surveillance détectent de manière fiable ce type de comportements. L’entreprise a également lancé un examen plus approfondi des environnements où Claude dispose d’un accès à Internet, et s’attend à y découvrir d’autres cas.

Ces épisodes illustrent un risque différent de la simple réponse erronée : dès lors qu’un modèle dispose d’outils connectés, ses sorties peuvent se traduire en opérations réelles sur des services extérieurs. Un formulaire envoyé ou une restriction contournée produit un effet hors du laboratoire. Les faits établis ne permettent pas de prêter une intention autonome à ces systèmes ; ils montrent en revanche que le contrôle des accès et la vérification des actions doivent accompagner l’évaluation des capacités, avant que les tests n’atteignent des plateformes utilisées par le public.




Source : https://intelligences.articlophile.net/publication...