Une nouvelle étude publiée dans la revue Mindfulness, relayée par PsyPost, décrit pour la première fois heure par heure la mécanique par laquelle un instant de pleine conscience se traduit, un ou deux jours plus tard, par une amélioration mesurable du bien-être psychologique. Menée par Paul Verhaeghen (Georgia Institute of Technology), Shelley Aikman (University of North Georgia) et Nilam Ram (Stanford University), la recherche s'appuie sur le suivi quotidien de 264 étudiants, dont la moitié suivait un programme de méditation de huit semaines.
Plutôt que de comparer les participants avant et après un stage, comme le faisaient les études précédentes, les chercheurs ont utilisé une application mobile qui interrogeait chacun quatre fois par jour sur son état d'esprit du moment : niveau de pleine conscience, ruminations, pensées intrusives, mais aussi compassion envers soi-même et sentiment de dépassement de soi. Ce protocole a permis de reconstituer, jour après jour, l'enchaînement réel des effets plutôt que de simples corrélations globales.
Résultat : une pleine conscience élevée un jour donné réduit dès le lendemain les ruminations et les pensées parasites, ce qui améliore ensuite, deux jours plus tard, la santé mentale générale. Les interférences cognitives — ces pensées intrusives qui empêchent de se concentrer — se révèlent le mécanisme le plus puissant, expliquant à elles seules la quasi-totalité des bénéfices observés. Fait notable, ce circuit fonctionne à l'identique chez les étudiants ayant suivi le programme de méditation et chez ceux du groupe témoin : l'entraînement ne crée pas un nouveau mécanisme, il ne fait qu'augmenter la dose quotidienne de pleine conscience.
L'étude comporte des limites : elle porte sur des étudiants suivant des cours à distance pendant la pandémie, et le taux de réponse aux sollicitations n'a atteint que 46 %. Les auteurs appellent désormais à déterminer la dose minimale de méditation nécessaire pour entretenir cette boucle bénéfique, et suggèrent que d'autres approches thérapeutiques, comme la thérapie cognitivo-comportementale, pourraient activer les mêmes circuits sans passer par la méditation formelle.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97486020/pleine...
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