L'activité physique intense fait-elle toujours du bien ? Une revue de littérature publiée dans le Journal of Behavioral Addictions et relayée par PsyPost confirme que le sport peut, dans certains cas, basculer vers une dépendance comportementale nuisible — mais met en garde contre la tentation de pathologiser un engagement sportif simplement intense. L'étude, menée par Bhavya Chhabra, Zsolt Demetrovics, Attila Szabo et Mark D. Griffiths, fait le point sur un trouble encore absent des grands manuels psychiatriques.
Selon les chercheurs, une véritable addiction comportementale suppose toujours deux ingrédients : la dépendance, quand le corps ou l'esprit en vient à avoir besoin de l'activité pour fonctionner normalement, et la compulsion, une pulsion irrépressible à s'y adonner. « La différence essentielle est de savoir si l'exercice relève d'un choix ou d'une contrainte ressentie », résume Zsolt Demetrovics. La discipline et des charges d'entraînement élevées restent, précise-t-il, des traits globalement positifs chez les sportifs — sauf lorsqu'ils basculent dans un registre pathologique.
Le principal point d'alerte de l'étude porte sur les outils de dépistage : plus de trente échelles différentes existent, sans consensus sur la plus fiable, ce qui a conduit à des estimations jugées gonflées — jusqu'à 42 % de certaines populations sportives classées « à risque » selon certains chiffres largement repris. Or ces questionnaires, rappelle Attila Szabo, ne permettent pas à eux seuls de poser un diagnostic clinique : ils confondent souvent dévouement sain et véritable trouble.
Parmi les signaux d'alerte identifiés : s'entraîner malgré la douleur ou une blessure, ressentir anxiété ou culpabilité en cas de séance manquée, ou faire systématiquement passer l'entraînement avant le repos et les relations. Les chercheurs recommandent, en cas de doute, des approches thérapeutiques déjà éprouvées pour d'autres addictions comportementales — thérapie cognitivo-comportementale, thérapie d'acceptation et d'engagement, ou stratégies de substitution vers des activités comme le yoga ou la méditation. « Notre message n'est pas de faire moins de sport, mais de s'entraîner plus intelligemment, en intégrant repos et récupération », conclut Szabo.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97579480/depend...
-
Titre choc, réalité complexe : ce que révèlent les accusations de privation de nourriture et d'eau visant les migrants à Ceuta
-
Le Marrakech - Bulletin #57 - Vague de chaleur, spot touristique français, emploi régional et sacre cycliste (2-4 août 2026)
-
Articlophile — Revue de presse · Éd. 81 : ONEE, Sebta et investissements
-
Æthelred le Malavisé : quand la compétence fiscale d'un roi anglo-saxon se retourne contre lui
-
CitaMag #178





Titre choc, réalité complexe : ce que révèlent les accusations de privation de nourriture et d'eau visant les migrants à Ceuta