Lever à 5 heures, bain froid, salle de sport et journées interminables : les livres sur la réussite dessinent souvent un idéal austère. Les élites britanniques du XIXᵉ siècle fonctionnaient tout autrement. Dans un long essai publié par le magazine Works in Progress, l'auteur rappelle que la classe dirigeante du plus grand empire de l'histoire se levait tard, buvait abondamment et consacrait une part étonnante de son temps à faire la fête.
Dès l'école, la priorité n'était pas académique. Dans les grandes « public schools », dont Eton, qui a formé environ 30 % des ministres et 40 % des Premiers ministres du siècle selon l'essai, le latin et le grec occupaient au moins la moitié des cours, la science était tenue à l'écart, et les élèves passaient de dix à vingt heures par semaine sur les terrains de sport. À Oxford et Cambridge, la plupart des étudiants se contentaient longtemps d'un diplôme facile, entre aviron, banquets et sociabilité.
À l'âge adulte, la journée commençait tard. Gladstone offrait un petit-déjeuner mondain à 10 h 30, arrosé de bordeaux ; Arthur Balfour sortait rarement de sa chambre avant le déjeuner. De février à juillet, la « Saison » londonienne enchaînait dîners, soirées et bals jusqu'au petit matin, dans deux quartiers voisins, Mayfair et Belgravia.
Pour l'auteur, ces habitudes n'étaient pas de la simple paresse. Elles formaient un immense dispositif de cohésion et de réseau : une petite « communauté », au sens du sociologue Ferdinand Tönnies, unie par des souvenirs, des valeurs et des liens familiaux communs. Cette unité aurait permis d'intégrer aristocrates et nouveaux riches, et de pourvoir sans salaire des fonctions prestigieuses, puisque les députés n'étaient pas rémunérés.
L'essai ne présente pas ce modèle comme idéal : ses inégalités et ses coûts sont réels. Mais il invite à douter qu'il n'existe qu'une seule recette de l'efficacité.
À lire aussi dans notre réseau :
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/98327675/elites...
-
Logiciels espions : le patron de Paragon admet ne pas pouvoir détecter les abus de ses clients
-
CitaMag #213
-
« Mon deuxième enfant est parfait. Il a ruiné ma vie » : Zach Baron raconte la paternité au carré
-
Marrakech Airshow 2026 : l’ONDA met en scène sa transformation sous la marque Airports of Morocco
-
Marrakech Airshow 2026 : après quatre jours de salon, le bilan des annonces industrielles





Logiciels espions : le patron de Paragon admet ne pas pouvoir détecter les abus de ses clients