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La déception, un moteur insoupçonné de créativité


Le Lundi 10 Août modifié le Mardi 30 Novembre


              

Faut-il vraiment chercher à « passer à autre chose » le plus vite possible après une déception ? Pas selon Annette Clancy, professeure de management à l'University College Dublin, qui a consacré une thèse entière à cette émotion après avoir constaté, comme consultante en entreprise, à quel point elle bouleversait ses clients sans que la recherche s'y intéresse vraiment.



Sa recherche montre que la déception naît souvent d'un écart entre ce que l'on attendait et ce qui survient réellement : elle peut s'apparenter au deuil d'un avenir qu'on avait déjà commencé à vivre en imagination, comme un poste espéré ou une promotion manquée. En entreprise, ce sentiment est fréquemment généré par des objectifs irréalistes fixés au niveau collectif, mais il retombe sur les épaules de chacun comme un échec personnel.


Clancy pointe aussi ce qu'elle appelle le « piège du succès » : dépasser un objectif une année ne fait souvent que relever la barre l'année suivante, rendant l'échec plus probable et la déception plus vive. Face à une contrariété, les individus ont par ailleurs tendance à s'enfermer dans deux récits stériles, se blâmer eux-mêmes ou blâmer autrui, alors que le vrai problème serait souvent des attentes mal calibrées dès le départ.


Plutôt que de chercher à l'éliminer, la chercheuse recommande d'apprendre à tolérer la déception : nommer ouvertement ces émotions difficiles réduirait leur intensité, et les environnements de travail où l'on peut en parler sans détour seraient plus sûrs psychologiquement et plus créatifs que ceux où l'on est censé passer outre en silence. Une piste concrète pour transformer une frustration en signal utile, plutôt qu'en source de renoncement.




Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97626681/decept...