Dans un reportage fouillé publié par The New Yorker, l'écrivain David Owen s'interroge sur une question en apparence anodine : pourquoi les Américains s'obstinent-ils à entasser leurs affaires dans des box métalliques qu'ils ne viennent, pour beaucoup, plus jamais rouvrir ?
Owen s'appuie sur sa participation au Salon mondial du self-storage 2026, à Las Vegas, où il a interrogé de nombreux professionnels du secteur. L'un d'eux résume l'ampleur du phénomène en affirmant que l'église et le garde-meuble constituent, à eux deux, les piliers de la culture américaine contemporaine. Le secteur, longtemps composé de petites structures familiales dans les années 1970, s'est transformé en une industrie multimilliardaire qui attire désormais des investisseurs institutionnels.
L'auteur explique le succès économique de ces entreprises par une combinaison rare d'avantages : des terrains et des constructions peu coûteux, une exploitation quasiment automatisée sans personnel permanent, un faible risque de litige avec la clientèle, et des revenus mensuels réguliers assurés par la location de box qui, une fois remplis, sont rarement vidés. Owen note aussi le développement de petites unités hybrides, mêlant garde-meuble et local commercial, notamment pour des micro-brasseries.
Malgré un ralentissement récent après des années de forte croissance, plusieurs acteurs rencontrés par Owen restent convaincus que des fortunes restent à faire dans ce secteur. Une avocate présente au salon, venue reprendre avec sa sœur les installations de leur père, résume l'état d'esprit ambiant en décrivant les Américains comme « une société de choses » — un constat qui, selon l'auteur, en dit peut-être plus long sur le rapport à la possession matérielle que sur l'immobilier commercial lui-même.
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