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Pourquoi ne pas tout simplement interdire tous les livres ?


Le Samedi 25 Juillet modifié le Mardi 30 Novembre


              

C'est par un message d'un ancien rendez-vous que l'autrice Veronica Arreola a appris que son livre pour enfants figurait parmi les ouvrages les plus interdits des États-Unis. Selon une enquête de Salon, son livre « J Is for Justice! », un abécédaire de l'activisme, a été retiré des écoles gérées par le ministère de la Défense américain simplement parce qu'il mentionne des mots comme « justice », « activisme » ou évoque des thèmes liés à l'arc-en-ciel. Arreola décrit un processus qu'elle qualifie de « bannissement au Ctrl+F » : une recherche automatisée de mots-clés comme « diversité » ou « genre », sans lecture réelle du contenu.



Les interdictions de livres dans les écoles américaines ont fortement augmenté depuis 2021, selon l'American Library Association et l'ONG PEN America. Aux classiques déjà contestés, comme « Le Meilleur des mondes » ou « 1984 », se sont ajoutés des albums jeunesse évoquant des familles homoparentales ou des romans pour adolescents abordant la race, le suicide ou la sexualité. PEN America estime que 92 % des tentatives de censure recensées en 2025 ont été lancées par des groupes de pression organisés, et non par des parents individuels.


Le phénomène gagne aussi l'enseignement supérieur. Selon PEN America, plus de la moitié des étudiants américains suivent désormais leur cursus dans un État appliquant au moins une loi restreignant ce qui peut être enseigné. En Alabama et au Tennessee, de nouvelles lois fragilisent la titularisation et la liberté académique des enseignants-chercheurs ; à l'université du Nebraska, un manuel de cours sur la sexualité humaine a été retiré après une plainte le jugeant « inapproprié ».


Face à cette vague, quelques États ont réagi : l'Illinois a été le premier, en 2023, à adopter une loi « Freedom to Read » protégeant les bibliothécaires et interdisant le retrait de livres pour motif idéologique ; huit autres États lui ont depuis emboîté le pas. Comme le résume l'universitaire Emily Knox, citée par Salon : « L'histoire se raconte à travers des récits, et nous ne sommes pas d'accord sur ces récits. »




Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97466492/pourqu...