En août 1936, un mois après le début de la guerre civile espagnole, le quotidien centriste L'Intransigeant envoie Antoine de Saint-Exupéry sur place. L'écrivain, déjà célèbre pour Vol de nuit, en ramène une série de reportages où il refuse, comme le retrace RetroNews, de prendre parti pour l'un ou l'autre camp, préférant décrire l'horreur et l'absurdité de ce qu'il observe.
À Barcelone, tenue par les anarchistes de la FAI, Saint-Exupéry rapporte l'histoire d'un milicien exécuté par ses propres camarades après avoir été dénoncé comme fasciste, avant qu'ils ne découvrent leur erreur. Plus loin, dans un village où « on fusille ici comme on déboise », il raconte l'exécution de dix-sept personnes désignées comme fascistes, sans dissimuler que ces exactions viennent aussi du camp républicain, pourtant largement soutenu par la presse et les intellectuels français de l'époque.
De retour en Espagne en avril 1937, cette fois pour Paris-Soir, il se rend à Madrid, alors assiégée par les troupes franquistes, et livre trois reportages d'une tonalité plus douloureuse encore, plongeant le lecteur au cœur des tranchées et sous les balles perdues. Cette expérience nourrira son recueil Terre des hommes, publié en 1939, dans lequel s'exprime pleinement son engagement humaniste.
Devenu résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, l'écrivain-aviateur disparaîtra en mer avec son avion le 31 juillet 1944, sans jamais avoir renié cette position de témoin qui refuse de choisir un camp pour mieux dénoncer la violence des deux.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97475819/saint-...
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