Le tribalisme, notion popularisée pour expliquer la polarisation sur les réseaux sociaux, repose selon l'anthropologue Zachary H. Garfield sur une lecture erronée du passé humain. Dans un article publié par Psychology Today, il conteste l'idée, popularisée notamment par le commentateur Piers Morgan, selon laquelle les réseaux sociaux nous auraient fait « régresser de 2 000 ans » vers des tribus guerrières.
Garfield avance trois correctifs. D'abord, contrairement aux chimpanzés, les groupes humains ancestraux entretenaient des relations inter-groupes variées, souvent pacifiques et interdépendantes, pas seulement hostiles. Ensuite, la psychologie dite « tribale » n'est pas intrinsèquement négative : elle alimente aussi des mouvements sociaux positifs comme #MeToo, Black Lives Matter ou Mothers Against Drunk Driving, capables de produire un changement social réel.
Enfin, l'anthropologue rappelle qu'en anthropologie, le terme « tribu » désigne une forme d'organisation sociale précise et relativement récente, non la plus ancienne forme de vie en groupe. Notre psychologie coalitionnelle — cette tendance à former des alliances et à défendre son camp — précède largement l'apparition des sociétés tribales elles-mêmes.
Confondre structure sociale et psychologie évoluée brouille, selon lui, la compréhension des comportements inter-groupes contemporains, qu'il s'agisse des dynamiques en ligne ou des mobilisations collectives. Une nuance qui invite à interroger les raccourcis souvent utilisés pour décrire les tensions sociales actuelles.
Source : https://fr.articlophile.com/blog/i/97984026/tribal...





CitaMag #197