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Un musée néerlandais recouvre son sol de 360 kilos de beurre de cacahuète en hommage à Wim T. Schippers


Le Mercredi 29 Juillet modifié le Mardi 30 Novembre


              


Depuis le 10 juillet, une galerie du Museum Boijmans Van Beuningen, à Rotterdam, dégage un parfum inattendu : celui de 360 kilos de beurre de cacahuète étalés sur près de 25 mètres carrés. L'installation, baptisée « Pindakaasvloer » (le « sol en beurre de cacahuète »), rend hommage à l'artiste conceptuel Wim T. Schippers, mort le 10 juin dernier à l'âge de 83 ans.


Les 2 et 3 juillet, deux employés du musée, surnommés les « plâtriers du beurre de cacahuète », ont recouvert un hexagone de sol à l'aide de truelles, en suivant un protocole en vingt points rédigé avec l'artiste avant sa disparition. Consigne principale : étaler la pâte « aussi lisse et ennuyeusement que possible », selon la description du musée relayée par Global News. La marque utilisée, Calvé, avait elle-même été choisie par Schippers, qui la trouvait particulièrement facile à étaler.


L'idée remonte à 1962, lorsque Schippers, alors proche du mouvement Fluxus, avait déjà recouvert des sols de sel et d'éclats de verre lors d'une exposition au Museum Fodor. Le « Pindakaasvloer » a été présenté pour la première fois en 1969, à la galerie Mickery de Loenersloot, avant d'entrer dans la collection du Boijmans Van Beuningen en 2010 et d'y être installé l'année suivante, comme le retrace Wikipédia. L'œuvre a depuis connu plusieurs vies mouvementées : en 1997, des écoliers l'avaient recouverte de vermicelles au chocolat et de tranches de pain lors d'une rétrospective à Utrecht, un geste que l'artiste avait dit approuver, tandis qu'un visiteur avait glissé dessus à Rotterdam en 2011.


Pour Schippers, l'art n'avait pas à être logique ni utile : « Il peut être absurde, tout comme la vie elle-même, et c'est précisément pour cette raison qu'il vaut la peine d'être », écrivait le musée dans la présentation de l'œuvre. Figure de l'absurde dans l'art néerlandais, l'artiste fut aussi un homme de télévision, prêtant sa voix à Ernie et à Kermit la Grenouille dans la version néerlandaise de « Sesame Street ». Le musée présente ce « Pindakaasvloer » comme l'un des hommages les plus fidèles à son esprit facétieux — une manière, pour les visiteurs, de continuer à se demander : « est-ce de l'art ? »




Source : https://lemag.articlophile.net/blog/i/97512911/mus...